‹ Œuvres du comte P. L. Rœderer (volume 4)Chapitre 357 sur 359 · DISCUSSION · texte numérisé non relu

DISCUSSION

C'est ainsi qa'on en ose en toute chose avec ceux qui ont une idée à eux appartenant...., etc.

J*ai riionneur d'être, etc.

Le général Haxo.

Dans une petite note, le général Haxo disait : • Je c demande au savant continuateur d'Henri Estienne, « s'il connaît des vers dans lesquels royne rime avec t motne? •

Réponse de M. Rœderer à M. le général Uctxo, en date de Malignon^ le ^0 octobre 1835.

... Je vous remercie de ce que vous me dites d'obligeant au sujet du livre jaune. Le général Saint-Cyr ne peut me reprocher qu'une phrase d'éloge pour la Bruyère, et qui puisse indiquer une supériorité de son talent sur celui de Molière. Si je continuais l'histoire de la société polie, la Bruyère se présenterait en 1 687 avec ses Caractères à la main. Sous cette date, je dirais ce qu'on n'a pas dit, que je sache, sur ce livre : c'est que c'est une galerie, non d'imagination, ni d'observation purement philosophique, mais une galerie tout à fait historique que l'auteur a peinte à côté de Fénelon, à la cour de Louis XIV, mais dans l 'arrièreplan de celle du duc de Bourgogne. Il y a un grand travail à faire pour bien faire entendre la Bruyère. Je crois avoir donné une nouvelle clef pour entendre Molière, qui écrivait en apologiste de Louis XIV et de sa cour ; il sera focilede donner celle de la Bruyère, écrivant dans d'autres vues.

Je suis flatté, au reste, du suffrage de M. le général Saint-Cyr ; je le suis beaucoup du vôtre, mon gêné- ' rai : vous avez à vous deux les deux meilleures lorgnettes de la cour des pairs, etaussi les meilleurs yeux. Cependant, un jugement passerait encore pour moi avant les vôtres : ce serait celui de Madame votre souveraine, dont je suis aussi devenu le sujet depuis que j'ai eu le bonheur d'occuper dans sa calèche la place de son premier esclave pejidant quelques minutes.

C'est au cœur des femmes et à leur finesse d'esprit qu'il appartient de juger sans appel celles de la société polie du X VIP siècle. Pardon, mon général, si je trouve qu'il manque quelque chose à votre lettre pour me satisCaire pleinemenL J'exprioM un besoin d'auteur, tout au moins. Je ne veux pas vous avouer qu'il y a quelque chose de plus dans mon regret.

Venons à notre querelle sur la roine ou rayw, ou reine. On a commencé par dire ro-ï-7i«, en trois syllabes, rimant à ctiiiin^, hérmne et mesqmne ou meschine. En contractant la prononciation de roine, on a fait royne, qui a rimé avec moine; et rayne alors sii nifiait royaume, regnum, d'où l'on a fait règne.

Exemples : on lit dans le lai de Gracient, ou, suivant d'autres manuscrits , le Gruelan, roman du X1I« siècle, roine toujours compté pour trois syllabes; et deux vers où roine rime avec mescine, qui veut dire mesquine, servante, femme de petite condition.

Dans le Sentier battu, conte extrait des poésies de Beaudoin et de Jehan de Condeit, Alias Condé, ])oëtes du XIll* siècle :

Sire, ce ly dis! U rojmê (ro-ï-ne).

Dites-mol tant de tm ewiiie (condaite).

Dans le voir Palrfroy, du même temps, raine rime avec Lorraine, et signifiait royaume :

?le sais prioce de denz c'e^t raine.

Ne de ei jusqu'en Loberaioe,

Qui tant soit prud*hom et senez, etc.

(Je ne sais prince dans ce royaume, n''i de ci jusqu'en Lorraine, qui soit..., etc.)

Le roman de la Rose, à la fin du XllP siècle, a avancé la chose de ro-l-ne à roine :

Tel a robe religieuse.

Doue il est religieux.

Cet argument est TÎcieujL, Et ne Tant une vieille rojme :

La robe ne fait pas le moine.

. Demandez à votre souveraine s'il ne vaut pas mieux venir de ro^-ne que de ranoy grenouille ?

Au revoir, mon général. Recevez mes hommages d'attachement et de considération.

ROEDBBBR.

La pièce suivante est de M. Rœderer.

Le pauvre auteur, ^ Henri Estrenne attribue aux habitudes françaises avec les Italiens, sous les régences de Catherine de Médicis, la conversion des vocales oi en es, notamment de royne en rdne.

Le savant philologue, — Henri Estienne et vous, êtes dans une grande erreur. Je consens d'avouer que le commerce des Italiens a changé la prononciation de plusieurs de nos mots en oa, et en a fait des al ou des es ; mais que nous avions dans notre propre langue des causes du changement qui s'est opéré.

Le pauvre auteur, — Je le veux croire ; aussi, ooa> i)ons le jeu en deux. Je vous accorde la glaire, donnez-nous la reine. Je ne demande gu'tine par/ dans la corruption de la langue pour l'Italie, pour le Piémont, et je me contente de ce que vous accordez à Henri Estienne.

Le savant. — Vous vous inclinez, c'est bien; dites Peccavi, et je serai satisfait, parce que ma bénégnité est grande.

L'auteur. — Je ne puis dire Peccavi, parce que je n'ai pas dit, ni Henri Estienne, que toutes les corruptions de la langue vinssent des Italiens; et je dirai d'autant moins Peccavi, que j'attends de votre longanimité un Erravi, attendu que la langue aurait pu avoir, et a eu pendant des siècles, ces principes d'altération sans qu'ils se développassent; et que ce sont les Italiens qui les ont développés. Dixi.

Dans une note remise au général Haxo, M. Roederer disait : « Roi, roine, comme la femme ; Poniardesi « poularde. »

• Oca, Ole. Olez le c d'oca, reste oa. Les Italiens en

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