‹ Œuvres du comte P. L. Rœderer (volume 4)Chapitre 358 sur 359 · ENTRE M. LE GÉNÉRAL HAXO ET M. ROEDERER · texte numérisé non relu

ENTRE M. LE GÉNÉRAL HAXO ET M. ROEDERER

• ont fait oals oa ottfqff . — En Lonaine et trois évè- « cbéSy on dit : oujre. — J'avoue que lltalien n'a paseu « de prise sur Yoa, Vouais ou route. •

« Glorkt, Otes IV, il reste glola; transposezrle, « vous (èi\es gloire ou glomref ou , comme en Lorraine, « gkmère. Quand les Lorrains font gUnuère, il est bien N permis aux Italiens de dire gtoàre. »

Réponse du général ffaxo.

Je réponds au savant et aimable auteur» que nous ne sommes pas, lui et moi, d'accord sur les choeos dont je conviens. Je ne consens pas à ce que les Italiens aient changé en ai la prononciation de plusieurs de nos mots en oa ; car je ue crois pas que les mots écrits aujourd'hui oi, et prononcés oo, aient été prononcés oa au temps dont l'on parle. J*ai pensé qu'ils se prononçaient ooi ou bien c^ comme roaine, rotfain«,ou quelque chose d'approchant. Henri Estienne dit que les Italiens ont introduit la prononciation al ; mais il n'explique pas comment oi se ppononçait alors. Le savant continuateur de Henri Estienne éta-^ but gratuit^nent que le ol de ce temps-là se prononçait oua comme aujourd'hui ; je suis tout prêt à entendre les preuves qu'il en donnera. S'il en donne de péremptoires, je dirai volontiers Erravi ; mais jusque-là, je soutiendrai erravisii quando dixisii que si les Italiens avaient complètement réussi, nous dirions aujourd'hui la glaire, au lieu de la gloire^

Dieu garde de la ^toira le savant continuateur !

J'ajouterai que je ne connaiJB pas uo seul mot écrit en français avec oi, qui ait subi la transformation ai, sans que son étymologie ait précédemment indiqué la prononciation ol , comme avait^ de habebat; roliie,de regina.-- Je me trompe , car je trouve connoif , de eognoseo, {Erravi.)

A la suite de ces deux lettres , la discussion continua pendant les séances de la chambre des pairs, et amena le rapide échange des notes suivantes, dans lesquelles chacun des deux adversaires produisait ses misons, et des exemples à Tappui de son opinion. Ces notes vont être placées ici en forme de dialogue.

M, Rœderer. — Reine vient tout bonnement dé roi; comme Eve de la côte d'Adam.

Quand on a dit roi, il a fallu dire roi-ne , comme de Charles ont a fait Charlotte,

Domkmus vobiscwn t

Le général Haxo, — On écrivait roi, et on prononçait rcA ou roai; on en est venu à dire roa, comme les accusés de Lyon qui, après avoir dit, je montai ou monta-i, comme les Italiens' vous disent aujourd'hui: Je monto.

M, Raderer, — Au nom du Père et du Fils,,,, etc.

Faut-il, 6 mon Dieu, que le monstre du paradoxe vienne s'adjoindre, pour la désolation du monde, au procès monstre ! .

Comment, on ose nous dire que jamais la femme

dn roi des Français n*a été rodn^ ou ropmf aiats que son titre lui vient de rana^gremmilU, BtHme, Teaîrdo grenouille t

Jamais, dit le paradoxe, jamais on ne noos établira, même sur la plus faible isdwIioB, qu'on ait dit et écrit, dans la langue d'oil, rogne on roane t Trouvez votre grenouille, ranam^ une lois dass MontaigBe et dans nos vieilles ordonnances!

Le général ffaxo, — Je n'ai pas dît qu'on n'écrivit pas rogne; mais je ne crois pas que Montaigne ait prononcé roantie; je consentiraîs à rouenne^ à roène^ reine, qui ne vient pas de rojia. Le latin disait regina^ c'est-à-dire écrivait : il prononçait rehina, d'où l'espagnol, en adoucissant l'aspiration hk, a fait regna^ et nous règne ou rékne.

Droite et roid« ett U coaCe, et le tcntier estroit.

DroUe vient de diretta. Latin, directa; et en français, directe. Après la corruption du latin , on a dit dirette^ dreUe; puis on a écrit drtÂte, Je demande à quelle époque on a abandonné la prononciation latine drelte pour prendre celle d'aujourd'hui, drouaUe?

Roide vient de reeta, provenant également de directa. Faut-il aujourd'hui dire roéde ou rouade? je suis pour raide,

EstroU vient de stretto, participe de str ingère^ serrer. De stretto, avec Vs impure des méridionaux, on a fait estretto, comme ils font estatue. (Consulter le maréchal Soult) De estretto, la prononciation du nord a fait étrèt, qui, après le temps de Henri 10 , est devenue étroit, et aujourd'hui étrouat.

Je ne suis pas ébranlé dans mon idée, et je demande toujours qu'on me dise à queUe époque la prononciation latine è est devenue ocia, avant le moiQent où les Italiens de Henri III ont exercé leur influence pour convertir quelques otiai en ai,

M, Rœderer. — Roide vient de rigidus; coupez la queue au g, ce sera un o, et le mot sera rioidus. Pour l'euphonie on a supprimé le premier i ; reste roidus^ roide.

Le général Haxo, — Rigidus se prononçait rihidus, à cause de l'aspiration du g, à qui on n'a pas coupé la queue, puisqu'on français on à\i rigide. Le d étant aussi légèrement aspiré^ comme le A grec, on a pu prononcer riMhous^ où je ne trouve rien qui mène à roide; autrement, si on part de direct^s, on trouve directe, drecte, drette, drouetle, droite, c'est-à-dire droatte, comme aujourd'hui.

Autres notes du général Haxo, auxquelles U manque les répliques, qui ont dû être faites par M* Rœderer, à moins que ces notes ne soient elles-mêmes des répliques.

Lesdiphthongues ne rendaient pas anciennement un son unique comme les voyeUes; et la même chose s'est conservée chez des nations voisines, chez les Italiens

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