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pouse légitime; les enfants du désordre à côté des fruits obtenus d'une union consacrée ; les enfants dont la naissance a jeté le trouble dans la famille , sur la ligne de ceux que la nature avait destinés à former le lien des époux durant la dernière moitié de leur existence.
Je passe à la révolution des lumières. Gomme le président Hénault a trouvé bon de faire honneur de r éclat des dames françaises au règne de François l", qui était galant^ il a trouvé bon, aussl^ d'attribuer le retour des lumières en France à ce même François I«% qui se croyait poète. En ced, du moins, Thistorien était autorisé par le surnom de restaurateur ou de protecteur des lettres, qui, comme celui de grand, fut donné à ce prince pour son argenl (i).
a François !•' se trouva précisément, dit Hé- « nault, dans le temps de la renaissance, des « lettres ; t7 enrecueillH les débris échappés aux c ravages de la Grèce , et il partagea avec c Léon X la gloire d'avoir fait fleurir les sciences « et les arts dans l'Europe... »
« Lfépoqud célèbre de cette grande révolu- « tion^ » dit-il plus loin en pariant de la révolution qui dissipa hs ténèbres de l'ignorance, « est le seizième siècle^ c'est-à-dire la destruc- «i tion de l'empire des Grecs par Mahomet, qui c.fit refluer dans l'Occident tous les arts et les c sciences de la Grèce. Les Médicis à Florence, « Léon X à Rome, et François I*' en France, c redonnèrent la vie aux beaux-arts, et ce fut 8 deux fois le sort de la Grèce d'instruire et a d'embellir FOccident (2). »
Il y a beaucoup d'erreurs dans ce petit nonibre de lignes.
D'abord, c'est une vérité incontestable que, bien avant la destruction de l'empire des Grecs, les sciences et les arts de la Grèce avaient reparu dans rOccident, soit qu'ils y fussent rentrés à la suite des communications de l'Italie avec Gonstantinople, ou qu'ils s'y fussent ranimés par le concours de causes semblables à celles qui les avaient fait fleurir dans la Grèce. Dès les douzième et treizième siècles, les moines du mont Cassin avaient appris des Arabes Tastronomie et la médecine. Les Vénitiens, dans
(1) Fénelon, Dialogue des maris. Dialogue de Louis XII et François /'^
(%) Abrégé chronolog., à la /in du règne de François ir-
les treizième et quatorzième siècles, en commerçant avec Gonstantinople, avaient rapporté de celte ville tous les arts qui procurent les commedités de la vie, et tes avaient répandus en Italie. G'est dans ces mêmes siècles que les beaux -arts ont commencé à illustrer cette contrée. Le Dante , Pétrarque, Boccace, sont d'un temps bien antérieur à la ruhie de l'empire des Grecs. La renaissance des lettres dans FOccident n'est donc point l'effet de la catastrophe à laquelle on Tattriliue. Il est souve • .rainement ridicule d'attribuer à l'incendie de Gonstantinople des lumières qui, au contraire, ont été en grande partie des émanations de sa splendeur. On a employé une fausse image, lorsqu*on a dit que les arts et les sciences de la Grèce avaient ré/tué d^ns l'Occident, au lieu de dire que l'Occident avait reçu des épanchements du foyer qui brillait à Gonstantinople : les lumières n'ont pas besoin, comme les eaux, de refluer pour se répandre dans des directions opposées; les lumières s'ouvrent un passage de tous les côtés, sans que leur foyer s'affaiblisse, sans qu'un seul de ses rayons en souffre.
La destruction de Gonstantinople, et c'est ma seconde réponse à Hénault, a fait refluer dans rOccident, et particuhèrement en France, non des sciences, mais des savants, qui ont été plus nuisibles que favorables à la renaissance des lettres. La dialectique des péripatéticiens, transmise aux Grecs de Gonstantinople par les Arabes, en donnant, il est vrai, de l'exercice à l'esprit, l'avait néanmoins détourné de l'étude des choses, pour l'appliquer au mécanisme du raisonnement. Elle infectait l'enseignement des connaissances qui étaient alors acquises. Les savants qui s'enfuirent de Gonstantinople la répandirent en Italie et en France, et par là retardèrent les progrès de la véritable instruction dans l'Occident (i).
Mais, quand la ruine de l'empire gi-ec aurait influé sur la renaissance des lettres et des arts en Europe et en France, il ne s'ensuivrait pas que le président Hénault eût justement attribué à François l" la gloire d'avoir recueilli les débris échappés aux ravages de la Grèce, arrivés, dit- il, au seizième siècle^ La prise de
(I) Qojïà\\\9,c^m8tçlremodeme, Vi\, IX, ch. rt[.