CHAPITRE IV
d'avoir reftisé aiix Suisses, avec hauteur^ l'augtnentatîoD de leurs pensions en 1510, à l'époque où ils se liguèrent avec Jules If, Ferdi- .nand^ Henri VIII, pour expulser les Français datalie.
La hauteur^ ni même le refus de Louis XII, ne furent pour rien dans les causes de la dé-^ fection des Suisses. Les Suisses avaient provoqué le refus par 1 insolence de leur demande; et ils étaient insolents en demandant une augmentation de paye^ parce quils avaient leur marché fait secrètement avec Jules.
L'avarice ne fut pour rien dans le refus que fit le roi de subir une taxe imposée par des stipendiés déjà vendus (1). Au reste^ si sa fierté fit une faute en 1510^ il prouva très- bien en 1511 qu'elle n'était pas jointe avec l'avarice, puisque alors, ayant acheté l'inaction des Suisses à prix d'or, ils trahirent la ligue qui payait leurs services; et étant entrés dans le Milanais, que Gaston de Foix et Trivulce n'étaient pas en état de défendre, ils reprirent tout à coup le chemin de leur pays (2).
Serait-ce le défaut d'argent qui, en 1513^ aurait donné lieu à l'invasion de quelques provinces de Francet Aucun historien ne l'indique.
Écartons donc le reproche de parcimonie, ot en même temps celui de n^avoir pas imposé les irihuls nécessaires pour préserver deux provinces d'une invasion, et mériter le titre de Père des héros. Toutefois, ce dernier reproche venant de Voltaire, nous observerons que les héros, moins disposés que les peuples à voir dans les rois des pères, patres, le sont beaucoup à y voir des pairs, pares ^ que c^esi en pairs et non en fils que les héros ambitionnent d^être traités; que, pour^ les traiter selon leur ambition, il faut beaucoup donner; au lieu que^ pour traiter le peuple paternellement, il ne faut que lui demander peu; de sorte que le
(1) En 1508, Jules II détacha les Suisses de son alliance. Ils étaient mécontents de n^avoir pu obtenir qu'on augmentât leurs pensions. Louis avait trouvé étonnant que de misérables montagnards, à qui l'argent était inconnu avant que ses prédécesseurs leur en donnassent, prétendissent faire la loi à un roi de France. Les Suisses saisirent l'occasion de so venger. (MilJot, t. H, p. 345 et suivantes.)
(9.) flénault.
titre de Père du peuple, et celui de Père des grands, sont fort difficiles h obtenir ensemble (1).
Qu^on me pardonne de remarquer aussi qu^il y a un peu de légèreté à mettre sur la même ligne le titre de Père du peuple et celui de Père des grands , cft à présenter la gloire de l'un comme à peine suffisante pour racheter la privation de l'autre.