‹ Œuvres du comte P. L. Rœderer (volume 4)Chapitre 79 sur 359 · CHAPITRE XXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVII

ce 1815 (1), traités dont la charte est la pre- «mière condition; les traités faits entre ces « ménies puissances pour la garantie de cette « charte^ à laquelle ils ont jugé la paix de F£u- « Tope attachée, et qu'ils ont considérée conune u un acte de pacification pour la nation frana çaise (i); Fheureuse expérience faite, depuis « cinq années^ des résultats de Pacte constitu- « tionnel, et de toutes les lois libérales qui en « ont été la conséquence ; les produits immen-

opinion politique, ou de son attachement, soit à aucune des parties contractantes , soit à des gouvernements qui ont cessé d'exister, ou pour toute autre raison, si ce n'est pour dettes contractées envers des individus, ou pour des actes postérieurs au premier traité.»

(i) Préambule du traité conclu entre V Autriche ^ la Grande-Bretagne, la Prusse et la Russie, à Paris, le 20 novewUnre 1S15 : « Considérant que le repos de l'Europe est essentiellement fondé sur le maintien de Tautorité royale et de la charte constitutionnelle......

(2) Acte des ministres des quatre cours réunies, à if. le duc de MicheUeu, du 20 novemble Ulô. « ... Les cabinets alliés trouvent la première garantie pour la tranquillité du royaume dans les principes éclairés, les sentiments magnanimes et les vertus personnelles de S. M. Très-Chrétienne. S. M. a reconnu avec eux que, dans un État déchiré pendant un quart de siècle par des convulsions révolutionnaires, ce n'est pas à la force seule à ramener le calme dans tous les esprits, la confiance d^ps toutes les âmes, de l'équilibre dans les différentes parties du corps social ; que la sagesse doit se joindre k la vigueur, la modération et la fermeté, pour opérer ces changements heureux. Loin de craindre que S. M. Très-Chrétienne ne prêtât l'oreille à des conseils imprudents ou passionnés, tendant à nourrir des mécontentements, à renouveler les alarmes, à ranimer les haines et les divisions, les cabinets alliés sont complètement rassurés par les dispositions, aussi sages que généreuses, que le roi a annoncées dans toutes les époques de son règne, et notamment à celle de son retour après le dernier attentat criminel. Hs savent que S. M. opposera à tous les ennemis du bien public et de la tranquillité de son royaume , sous quelque forme qu'ils puissent se présenter, son attachement aux lois constitutionnelles promulguées sous ses propres auspices, sa volonté bien prononcée d'être le père de ses sujets , sans distinction de classe ni de religion, d'eflacer jusqu'au souvenir des maux qu'ils ont soufferts, et de ne conserver des temps passés que le bien que la Providence a fait sortir du sein même des calamités publiques. »

ff ses d'ime agriculture à jamais enricliie par la «division des propriétés et l'exemption de a toute sujétion ; Fessor de Findustrie manua factimère; l'exactitude du payement des conatributions; la soumission parfaite aux lois; « la considération au dehors, là prospérité au <x dedans; tant de gages donnés et reçus entre a la liberté publique et la royauté, entre le a prince et la nation, non-seulement vous ôtent, a Sire, la puissance de reculer devant votre oua vrage, mais encore vous sollicitent, osons le a dire, vous obligent à le soustraire aux hasards « des contrariété qui peuvent le menacer dans a l'avenir.

« Les équivoques hommages que les histo- « riens de Louis XII ont rendus, depuis trois c siècles, à sa mémoire vous avertissent desou- «trages qui sont à craindre pour la vôtre, si a des règnes oppressifs doivent se rencontrer « entre ceux qui succéderont au vôtre. Ces hi&- « toriens, écrivant sous des rois tyranniques, a ont traité Louis XII selon l'opinion des grands « de son temps, qui rappelaient le roi plébéien , a le roi roturier^ quand la nation l'appelait le a Père du peuple : heureux encore que ce siura nom imposant leur ait interdit d'aller au delà a du dédain, et de se hasarder au blâme direct a et positif de son vertueux règne ! Sans cet «obstacle, il nous faudrait lire aujourd'hui a dans son histoire qu'il fut un dépositaire ina fidèle des droits du trône, qu'il les abana donna par faiblesse, par pusillanimité, par .«défaut de lumières. Déjà, Sire, les héritiers « de la vieille insolence ont établi une ressem- « blance de plus entre l'histoire de Louis XH « et la vôtre, en se permettant; dans leurs en- «tretiens, cette qualification ofTensante que «Louis XII se plaisait à mériter, et dont le « souvenir fut enseveli sous le nom de Père du « peuple. Éclairé des lumières du temps, vous « pouvez, sire, vous assurer ce glorieux sur- « nom qui fait pftlir les malveillances, et devant « lequel les inscriptions académiques, et les «médailles d*un règne fastueux, paraissent «dérisoires. Achevez, Sire, consommez vo- « tre ouvrage ! que le titi*e de Père du peuple « venge votre nom des injures du temps pré* «sent, et le mette à couvert de celles qu'uUj «avenir incertain peut réserver à votre mé' « moire. »

LOUIS xn,

p. s. Cet ouvrage, terminé vers la fin de 1819, à une époque où toutes les âmes vraiment françaises étaient remplies d*espérances, parait au commencement de 18^, sous de moins heureux auspices. Il faut aujourd'hui, pour le publier, qu'un peu de courage tiemie

lieu de la confiance qui en a facilité la rédaction (t),

SjaoTier i8ao.

ROEDERKB.

j( I ) Il 8*agit id de la loi donnée à cette époque pour modifier les élections constitutionnelles.

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