‹ Œuvres du comte P. L. Rœderer (volume 4)Chapitre 84 sur 359 · AU SUJET DE L'ASSEMBLÉE DES ÉTATS GÉNÉRAUX DE · texte numérisé non relu

AU SUJET DE L'ASSEMBLÉE DES ÉTATS GÉNÉRAUX DE

« Mon cousin, les députés des principales et plus grosses viUes et cités de mon royaume se sont hâtivement troiMrés devant moi en cette ma bonne ville et dté de Tours» comme Us m'avoient/ait avertir, et illec en la présence de tous les princes et seigneurs de mon sang, et autres grands et notables prélats et personnages de mon conseil, que pour ce j'avois mandé et fait assembler à grand nombre, sachant leurs venues, après plusieurs grandes remontrances qu'ils nous ont fait (les députés des villes), m*ont très humblement supplié et requis, pour le bien, profit et sûreté de moi , de mon royaume et de toute la chose publique d'icelui , que je voulusse entendre et traiter le mariage de ma fille, Claude de France, avec notre cousin le duc de Valois, etc.

« Et depuis ladite requête ainsi faite, sont venus les barons et seigneurs de mon pays et duché de Bretagne, avec ceux des bonnes villes (de Bretagne), qui ont adhéré à la requête à moi laite par ceux desdites grosses viUes de France (1); et en icelle ont persisté, et de ce fait semblablement supplication et requête.

« Sur lesquelles remontrances et requêtes j'ai bien voulu avoir l'avis et conseil desdits princes et seigneurs de mon sang et gens de mon conseil (2), lesquels flnalement se sont résolus que, pour lesdites causes et raisons susdites et alléguées par ceux desdites villes, et autres qui seroient trop longues à raconter, ledit mariage est accordé à Thumble supplication et requête de mesdits sujets, comme très-juste et très-raisoonable ; et non pas seulement le m*ont conseillé, mais particulièrement et généralement m'ont tous fait semblable requête ; sans ce que je doive avoir

(I) Voilà précisément exprtmé en qool consUtait l'aueniblée des éUls.

lt> Ceci moalre bien qoe les grands et prélats convoqués depuis b réunion, et sur les remontrances des députés! des Tilles, n'assistèrent qu'M» séances royales, et romme cbauibre hante.

égard ni m*arrêter à ce que, comme U a été très-bien dit et remontré en leurs présences, par ci-devant quelque traité avoit été fait entre moi et mon frère et cousin le roi de Castille, touchant le mariage de madite fille avec mon cousin le duc de Luxembourg , son fils, qui fut pour aucunes considérations que j'avois lors, qui de présent cessent. Jaçoit ce qu*il n*y ait ni pourroit avoir chose qui me liât, ne madite fille, de présentement contracter et faire ledit mariage, pour autant que ni l'un ni l'autre n*avoient l'Age requis pour ce faire ; et davantage ce seroit par moi contrevenir au premier serment solennel par moi fait à Reims en recelant mon sacre et couronnement, qui est de/aire toute chose que connoitrai être au bien, sûreté et conservation de mon royaume, sans consentir m permettre directement la diminution d*ieelui. Or, je n'eusse pu et ne pourrois, pour mon honneur et devoir, et sans le trop grand malcontentement desdits princes et seigneurs de mon sang, auxquels cette chose touche, et aussi de mesdits sujets, denier à faire et traiter ledit mariage...; mais j*ai conclu, par leyrs* dits avis et opinions, de faire les fiançailles d'eux deux. Toutefois, par ledit mariage je n'ai entendu et n*entends en quelque façon que ce soit de me déporter et éloigner de la bonne amitié, fraternité et alliance qui est entre mondit frère et cousin, le roi de Castille (l). LesqueUes choses j'ai fait savoir à mondit frère et cousin..., et aussi vous en ai bien voulu avertir afin que ne vous imaginiez pas que pour ce je veuille faire aucune rupture avec mondit cousin, etc.

M A MonUb-lez-Tonrs, le dernier Jour de raay iwm.

n5i^; LOUIS; « Et du secrétaire, Gédotn. »

(Extrait de la Collection dêt états généraux , t. X, p. iqB.)

(i) Il s'agit de l'arcbiduc Philippe, devenu roi de CasUUe, père de Charles de Luxembourg, devenu archiduc à sa place.

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