DÉDICACE ' AUX JEUNES ÉCRIVAINS
QOI SE DESTINBIIT ▲ ÉGIIBB l'aISTOIAE.
Jeunesse studieuse, amie frandie de la liberté et de l'égaHté, je vous dédie mes Mémoires concernant François I*' et Louis XU. Je souhaite que ces écrits vous fassent sentir la nécessité de désapprendre nos histoires modernes : c'est un premier pas sans lequel vous ne saurez jamais l'histoire. J'invite ceux d'entre vous qui se sentent au fond de Fàme ua foyer d'indignation contre les écrivains serviles, à refaire l'histoire de la nation , sauf à la publier partie par partie, une période après ^ l'autre : car la révison de tous les monuments est nécessaire; et, pour composer fidèlement une histoire de France complète, il faut renoncer à la faire promptement.
S'il en est parmi vous qui répugnent à croire à la servilité des historiens, qu'ils se rappellent le mot de Tite-Uve, traduit ainsi par Montaigne : Le langage des hommes nourris sous la royauté est toujours plein de vai^ nés ostentations et de faux témoignages. Qu'ils se rappellent aussi ce trait malheureux de la vie de Mézeray, dont les preuves irrécusables ont été récemment publiées. Enfin, qu'ils essayent, avant d'écrire, de faire l'histoire de toutes les histoires où ils voudront puiser (1).
Je crois avoir fiùt quelque chose pour voiis, en dépouillant deux règnes, l'un excellent, l'autre détestable , des paroles qui ont travesti
(1) VoycR, au premier Appendice qui suit c» Mémoire, deux lettres de Mézeray écrites à Colbcrt.