PIÈCE ENVOTÊ£ PAR LE ROI A M. ROBDBRBR, A PARIS
A traduire et insérer dans la Gazette.
• Séville, le 12 février 18io.
(f Gardes nationales , a Je me complais beaucoup à voir avec quel empressement vous avez répondu à ma voix; ma confiance en vous sera entière, conune votre bonne volonté.
< Ce n'est pas un simple devoir de bourgeois d'une ville que vous remplissez, vous
LETTRES DU ROI JOSEPH, DE LA REINE JULIE, ETC
donnez Texemple de ce que des hommes doivent faire pour tirer la nation d'une grande crise : dacns des circonstances semblables à celles où nous nous trouvons, plus le dévouement est absolu , plus les sacrifices sont courts et passagers.
c< Jusqu'à ce que Tarmée de ligne puisse être réordonnée, il est essentiel que les gardes nationales veillent dans l'intérieur à Tordre public et à la garde des établissements même militaires.
a Le peu de troupes de ligne que les circonstances m'ont permis de réunir seront employées dans les places frontières.
a L'ordre rétabli et maintenu dans l'intérieur permettra la réorganisation de l'armée , et alors je ne demanderai aux gardes nationales que le simple service municipal.
« J'ai parcouru presque seul les faubourgs populeux de cette ville, dès les premiers jours de mon arrivée , et je suis disposé à me porter avec la même confiance partout où il y aura des Espagnols à ramener à l'intérêt commun.
a Cette sécurité me vient de ma conscience : vrai dans les moindres circonstances de ma vie, ce n'est pas sur le trône que je changerai. Roi d'Espagne, je veux, plus qu'aucun de vous, son indépendance et sa prospérité; ma gloire et mon bonheur en sont désormais inséparables.
a Mon intention est que, dès aujourd'hui, la tranquillité de cette ville soit sous la sauvegttde de ses citoyens; je veux que, partout où je serai, les gardes nationales partagent le service auprès de moi avec ma garde.
a Le zèle que m'a montré dans son service la garde d'honneur de Séville, m'a été trèsagréable. x>
A M. ROBDBRER, A PABIS.
Madrid, le 6 mars 1810.
M. d'Almenara vous donnera de mes nouvelles; celles de nos finances ne sont pas encourageantes : cependant, je compte toujours que vous accompagnerez la reine.
Je me porte bien, malgré des chaleurs qui ne sont pas cependant excessives.
Ne doutez pas de ma sincère amitié. Votre
affectionné,
Joseph.
A M. nORDERES, A PARIS.
Malaga, le 8 mars iSio.
J'ai écrit à Tempereur, à vous, à la reine, pour que vous veniez incessamment ici. Les affaires se pacifient beaucoup, et avant votre arrivée , toutes les provinces seront en état de recevoir une organisation définitive. Je compte sur vous pour l'établissement de la partie la plus importante, celle de rétablissement du système des finances.
Vous connaissez mon amitié pour vous.
Votre affectionné , Joseph.
A M. ROBDERBR, A PARIS.
Andujar , le 5 avril 1810.
Vous ne me répondez pas sur la proposition que je vous ai faite, d'un nouveau voyage en Espagne. Je crains que vous ne trouviez aujourd'hui la saison trop avancée, si vous n'êtes pas parti avec la reine. — Si vous êtes à Paris, M. d'Azenza, duc de Santafé, sera bien aise de vous voir. C'est un honmie d'un commerce sûr. Je l'ai nommé mon ambassadeur extraordinaire, à l'occasion du mariage de l'empereur. Je lui ai dit que vous le verriez avec plaisir, et que vous aviez beaucoup d'amitié pour moi.
Tout va bien dans les Andalousies.
LRTTRB
Sire,
AV ROI d'kspaghr.
Je suis plus reconnaissant que je ne puis l'exprimer à Votre Majesté, de sa lettre du 90 mars (I), qui m'appelle près d'elle. Elle m'est arrivée le 2 du courant, au milieu des cérémonies du mariage de l'empereur, après lesquelles Sa Majesté est partie pour Compiègne. Je n'ai pu approcher de SaMajesté pour prendre sesordres depuis cette époque, et Votre Majesté se sou- \ iendra probablement de la lettre où l'empereur lui écrivait à Naples, au sujet de M. Louis : « M. Rœderer ignore donc qu'un Français ne sort de mon empire qu^avec ma permission? » Je crois d'autant plus devoir me conformer à cette maxime, qui, au reste, est de tous les temps, que ce qui est arrivé au maréchal Joiu"dan, et Timpuissance où il s'est trouvé de vous servir, sont des avertissements de se prémunir
(1) {Note de Véditeur.) Cette lettre manque.
LETTRES DU ROI JOSEPH, DE LA REINE JULIE, ETC
contre les reproches d'irrégularités et de man- j quements. On n'annonce le retour de Tempereur à Paris que pour le 5 de mai; je solliciterai une audience de Sa Majesté aussitôt qu'il aura lieu. Mais 5 Sire^ cela me mènerait à Madrid justement pour les chaleurs de juillet et août; et la crainte de succomber à ces chaleurs me fait supplier Votre Majesté de trouver bon, qu'au lieu d'arriver près d'elle, incapable de travail, au mois de juin, j'y arrive dans les trois premiers jours de septembre, ayant l'automne, l'hiver et le printemps devant les mains, pour faire toute espèce de travail dont il lui plaira de me charger. Je ne prévois pas, si j'en juge par les gazettes^ qu'une organisation générale de finance puisse se faire avant l'automne, et ainsi je me borne à demander à Votre Majesté, lorsqu'elle fera les lois d'organisation administrative, et la division des provinces (opération préalable à l'impôt), de ne pas dire, comme elle a fait à Naples , que les administrations de provinces et de districts feront la répartition des impôts. Gela est impossible avant quatre ou cinq ans, et il sera temps de le dire alors.
J'ai achevé mon grand travail sur votre gouvernement de Naples. Je n'ai plus à y ajouter qu'un tableau préliminaire, qui fasse connaître l'état où se trouvaient les choses quand Votre Majesté est entrée dans ce pays, tableau nécessaire pour mettre en état d'apprécier votre ouvrage. C'est encore l'affaire d'une quinzaine de jours. Cet ouvrage forme un gros volume in-4° (i). J'ose espérer que Votre Majesté trouvera fidèlement retracées ses pensées et ses volontés ; et ce travail la remettra sur les voies d'amélioration que l'intérêt de l'Espagne la sollicite de pratiquer de nouveau.
Je suis venu passer ici quelques jours, pendant l'absence de l'empereur, et j'ai célébré hier les noces de deux soldats de la garde impériale , mariés en vertu du décret de l'empereur. Un hasard heureux, qui a beaucoup ajouté pour moi à l'intérêt de cette cérémonie, c'est que ces deux hommes ont été blessés en Espagne, en entrant avec Votre Majesté à Madrid
Je suis, etc.
(1) {Noie de l'éditeur.) Gel ouvrage, pour lequel de nombreux matériaux avaient été préparés , n'a point été terminé. J'en ai extrait quelques fragments qui Ggurent dans ce volume.