‹ Œuvres du comte P. L. RœdererChapitre 9 sur 208 · LETTRE DE M. ROBDERER À M. DB8LANDES, A MADRID · texte numérisé non relu

LETTRE DE M. ROBDERER À M. DB8LANDES, A MADRID

Paris, 25 août 18«9.

Je vous envoie, monsieur, une lettre de madame Delolne (i) pour le roi. Cette pauvre

(I) (Noie de VédUeur.) Madame Deloloe était fille

LETTRES DU HOl JOSEPH,

jeune femme perd la tête. Je ne sais ce qu'elle deviendra, si vous n'échangez pas bientôt son mari , qui au reste mérite bien par lui-même qu'on s'en occupe. Veuillez remettre en temps opportun cette lettre sous les yeux de S. M. Madame Delolne vous en prie.

Je lis tous les jours mes gazettes avec un nouvel intérêt, et vous devinez bien pourquoi. Le Tage venge les injures de l'Escaut. 11 est heureux pour le roi de n'avoir pu éviter la gloire militaire, et de ne l'avoir pas recherchée. Elle l'a pris à son corps défendant; c'est ainsi, et uniquement ainsi, qu*il pouvait en acquérir contre un peuple qui est son peuple, dans un pays qui est son pays. Cette gloire, il l'a pure, quoique brillante. Les gazettes ont beau employer les expressions et les tournures les plus ridicules pour rendre compte des événements d'Espagne, ces événements repoussent et rejettent le ridicule sur la malveillance qui voulait les en couvrir. Les faits ont plus d'éloquence que les paroles ; les faits sont que les affaires d'Espagne portent en ce moment des forces aux négociations d'Allemagne, conmie les victoires d'Allemagne ont donné des forces au roi pour combattre en Espagne; que le roi s'acquitte, autant que les circonstances le permettent, envers Pempereur, en se servant luimême : enfin qu'on est tranquille du côté de l'Espagne, tandis qu'on est inquiet pour le nord de la France. Voilà les faits; et les gazettes qui exaltent au gré de la police les hauts faits apportés parles gazettes de Naples, ne nous ont januds rien dit de si positif et de si bon de ce pays-là. Et puis, on parle convenablement en Espagne des victoires qu'on y rempoi*te. On regarde l'empereur, on regarde la France en en parlant; on a l'air d'en chercher la récompense dans les yeux de Tempereur; on lui en fait hommage. Le roi se range parmi ses soldats en lui demandant une marque de son contentement. Tout cela est d'un meilleur ton que celui de certains héros qui, en parlant de leiu^ revues avec autant d'emphase que de leurs exploits, ont l'air de se regarder au miroir et de

da géuéral Mathieu Dumas. Elle avait épousé le général Franceschi Delolne , aide de camp du roi , offider général fort distingué et fort estimé. Il tomba dans un parti de guérillas, fut fait prisonnier, et périt dans les prisons.

DE LA HEINE JULIE, ETC. 29

ne regarder qu'eux. L'empereur, à qui rien n'échappe , verra bien cette différence , et il me semble qu'il a lieu d'être content.

(Note de l'éditeur.) Une lettre de mon père à Tempereur, en date du... novembre 1809, lui remettant la réponse aux questions que S. M. lui avait faites sur le royaume de Naples , pendant un diner à Fontainebleau, le 13 du même mois, est imprimée au tome III , page 561. — Ce travail se trouve inséré ciaprès, page 67 et suivantes.

À M. ROBDBREB, A PARIS.

Baylen, le 22 janvier 18 10.

Vous voyez, par la date de ma lettre, où se trouve l'armée française ; depuis le ^ nous avons franchi les passages si fabuleusement terribles de la Sierra-Morena : les mines dont on nous avait menacés ont éclaté dans quatre endroits, et n'ont fait de mal à personne; nous n'avons pas perdu vingt hommes. L'armée eivnemie est débandée; 7 à 8 mille hommes coupés, viennent de mettre bas les armes; nous avons pris trente pièces de canon, beaucoup de magasins : les rapports de tous les instants augmentent ces résultats. Dessoles, Mortier, Sébastiani et Victor commandent les quatre corps qui ont attaqué la Sierra-Morena. Je n'ai pas encore les rapports" du maréchal Victor, qui a marché par... Il commande plus de 20 mille hommes.

Je suis bien content des talents et du zèle du maréchal Soult. Je couche ce soir à Andujar, le 25 à Cordoue.

Votre fils est ici ; il a eu ai&ire à une explosion minée qui Ta respecté.

Agréez mon amitié. Votre affectionné,

Joseph.

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