‹ Œuvres du comte P. L. RœdererChapitre 105 sur 208 · ODÉON · texte numérisé non relu

ODÉON

Des capitalistes veulent, dit-on, établir, à l'ancien Théâtre-Français, un spectacle appelé i^Odéony où ils feront représenter les chefsd'œuvre des plus grands maîtres, par les artistes les plus distingués de chaque spectacle. Un pareil établissement serait bien nécessaire. Le moment est critique, surtout pour l'art de la comédie. Nos manières sont tout à fait changées depuis quatre ans. Quel acteur aura le talent de retrouver Xe^mœurs et les caractères y au milieu de manières nouvelles? Quels sont ceux qui saisissent les caractères dans leurs traits propres, et ne sont pas simples copistes de certaines formes, de certains individus, en qui on a cru les reconnaître? — J'ai vu jouer le Misanthrope y comme le Grondeur; le Tar^tufe^ comme le Cafard; le Dissipateur , comme le Vieux libertin; V Inconstant, comme le Folage^ etc. J'ai vu des copistes de certains hommes mal définis, et si j'excepte le Glorieux y point les originaux de certains caractères. Es^ pérons en TOdéon !

{Journal de Paris, du 29 messidor an iv^ — 17 juillet 1796.)

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