‹ Œuvres du comte P. L. RœdererChapitre 112 sur 208 · DES GRANDS MAITRES · texte numérisé non relu

DES GRANDS MAITRES

On se plaint avec raison de la mode, presque toujours ennemie du goût quand elle ne l'est pas des mœurs, qui fait dénaturer dans tous les spectacles de Paris, l'exécution des plus beaux et des plus célèbres ouvrages de la scène lyrique. L'intention dramatique des Gluck, des 8acchini, des Piccini n'est plus comptée pour rien. Bientôt, si cela continue, pour prendre une idée de ces maîtres, il faudra les lire, et renoncer à les entendre. Le mouvement et la couleur de leurs morceaux les plus parfaits sont tout à fait négligés ou méconnus. Les comédiens semblent ignorer que le mouvement des airs en fait le caractère ; et, par exemple, l'air national , Allons ^ enfants de la patrie, chanté avec le mouvement qui lui est propre, est un chant guerrier ; en ralentissant ce mouvement, on en fait un chant religieux; en le pressant, on en fait un chant burlesque.

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