IV. — L'ART DRAMATIQUE
ToéATRES.
On pose mal la question^ quand on demande par quels moyens on poulrraii ramener le goût du théâtre en France.
Jamais il n'a été plus vif.
Sous l'Empire on a vu les spectacles réduits à 7. Ils sont maintenant 26.
Pour parler le langage industriel qu'on étend aujourd'hui à tout^ nous dirons que la somme destinée par les amateurs à la jouissance du théâtre étant la même, il est nécessaire^ quand 26 spectacles se la disputent, ou que tous aient un moindre dividende que quand ils n'étaient que 7; ou que quelques-uns eu ayant un trèsfort, d'autres n'en aient qu^un très-faible, d'au^ très rien.
La question du moment est de savoir pourquoi les deux grands théâtres nationaux sont abandonnés ; nous parlons des Français et de VOpéra.
Ce sont deux questions qui se résolvent par des réponses différentes. Bornons-nous aujourd'hui à ce qui regarde les Français. Pourquoi sont-ils délaissés ?
Pour une raison commune à la comédie et à la tragédie : c'est que les mœurs ou plutôt les manières et le ton de nos pièces anciennes ne sont plus d'accord avec les manières et les mœurs et le ton actuels de la société ; et c'est surtout pour la tragédie que la discordance est sensible.
Nous avons perdu depuis trente ans une grande partie de nos habitudes de respect. Trois grandes illusions se sont évanouies ; et pour peu qu'on y r^arde, on verra qu'elles étaient le charme de nos plus beaux ouvrages de théâtre.