‹ Œuvres du comte P. L. RœdererChapitre 14 sur 208 · I.KTTRE DB LA RKINK JULIB A M. BOEDKRBR · texte numérisé non relu

I.KTTRE DB LA RKINK JULIB A M. BOEDKRBR

Francfort, 12 février 1820.

Monsieur le comte.

Je reçois une lettre de mon mari, qui en contient une pour vous. Je m'empresse do vous

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la faire parvenir, et je saisis avec empresse*

ment cette occasion pour me rappeler à votre souvenir, et vous assurer que ni le temps, ni l'absence, n'ont rien changé aux sentiments que j'ai toujours eus pour vous. Soyez-en persuadé, et recevez. Monsieur, l'expression démon sincère attachement; croyez qu'il est inaltérable.

Julie.

A M. BOBDBRRft, A PARIS.

Pointe Brè€ze, 28 octobre 1823.

Mon cher Rœderer, M. Canet , qui est mou secrétaire depuis neuf ans , se rend en Europe pour ses petits intérêts domestiques; je vous le recommande comme un homme de toute confiance et d'un commerce sûr : il doit être de retour ici en mai. On imprime bien des absurdités sur mon compte ; les auteurs du Dictionnaire bibliographique ne m'y traitent pas bien. M. de Las-Cases obtient, par le ridicule qu'il cherche à déverser sur les membres delà famille de l'empereur, l'absolution pour le bien qu'il est forcé de- dire de l'empereur, qui n'est plus.

Je voudrais qu'il vous fïït possible de m'envoyer les notes que vous aviez sur Naples, et sur les événements politiques qu'il serait bien de faire mieux connaître qu^ils ne le sont. Tout ce que vous confierez à M« Canet me parviendra sûrement. Mes enfants sont ici. L'aînée est fort heureuse avec son mari; la cadette doit retourner en Europe le printemps prochain. Rappelez-moi au souvenir de votre famille et de nos amis , et ne doutez pas de ma constante amitié.

Votre affectionné , Joseph.

(Note de la main de M, Rœderer.) Cette lettre m*a été remise par M. Nancrède, dans le mois de mars 1825, à Paris.

A M. BŒDBRER, A PARIS.

Pointe Brèeze , 22 juillet 1824.

Mon cher monsieur Rœderer, M. Nancrède, le porteur de la présente, est un ancien officier français, qui a fait la guerre de Tindépendance, et qui est devenu citoyen américain. Il retourne en Europe, et désire faire votre connaissance. C'est un homme éclairé, libéral dans ses opinions; il m'a montré beaucoup

d'intérêt, surtout lors de la mort de l'empe" reur, dont il a défendu la mémoire par se» écrits avec beaucoup de zèle. Vous pouvez lui remettre ce que vous auriez à me faire parve* nir. Je vous ai écrit par M. Canet; il n'avait pas encore reçu votre réponse lors de son départ de PEurope ; il est aujourd'hui de retour ici. Ma fille va bientôt aller rejoindre sa mère. Quant à moi, je crains bien d'être destiné à mourir ici, puisque je suis bien décidé à ne retourner en Europe que lorsque je pourrai y vivre, ou en citoyen, ou en prince non légitime, c'estrà-dire en prince du choix du peu-» pie.

Ma santé est parfaite. Je désire que la vôtre et celle de toute votre famille soient aussi bon* nés. Je vous renouvelle mon inaltérable amitié et ma profonde estime.

Votre affectionné ami, Joseph.

LETTRE DE LA REUIE JULIE A N. MOEDEREB.

Braxelles, le 28 octobre 1824.

Monsieur, j'ai eu bien du plaisir à recevoir votre lettre et à parler de vous avec Tony. Je vous l'aurais exprimé plus tôt, si ma santé me l'avait permis; mais j'ai été presque constamment malade depuis quelques mois. L'assurance du souvenir que vous me conservez. Monsieur, m'a été bien agréable, et je suis extrêmement fâchée de penser que je ne serai pas à Bruxelles lorsque vous y viendrez. Je pars dans trois jours pour l'Italie, où je passerai quelque temps. J'aime cependant à conserver l'espoir qu'à mon retour, je pourrai avoir le plaisir de vous voir, et de vous assurer moimême que mes sentiments pour vous sont toujours les mêmes.

Je pense bien comme vous. Monsieur, sur l'ouvrage de M. de Las-Cases. Je ne connais point celui du cx)mte Orloff. Ce que vous m'en dites m'engage à le lire. Quant au poème que je vous ai envoyé (i). j'étais bien persuadée que

(i) {Note de Védïteur.) Il s'agit du poème intitulé Napoléon, en dix chants. 1 vol. in-S» de 204 pages , portant cette épigraphe : Ferlunl summos fulmina montes. Imprimé chez Thos. H. Palmer, à Philadelphie, en 1823.

La reine, étant à Bruxelles, avait reçu une caisse remplie de ces volumes, qu'elle aUrihuait, comme on

LETTRES DU ROI JOSEPH, DE LA REINE JULIE, ETC

ag

vous le liriez avec quelque intérêt; mais je puis vous assurer que Fauteur n'est point celui que vous supposez. Cet ouvrage est d'un jeune homme de Tlle de France.

J'espère, Monsieur, que M. Presle aura pu vous voir à votre passage à Paris, et que vous aurez eu la bonté de lui remettre quelques notes qui pourront être utiles à mon mari. Je lui ai déjà adressé des papiers que Tony m'avait remis ; et si vous en avez encore à lui faire parvenir, vous l'obligerez beaucoup.

Je regrette infiniment de quitter Bruxelles sans avoir le plaisir de revoir monsieur votre fils. Veuillez le lui dire lorsque vous lui écrirez, et ne doutez jamais, monsieur, de mon sincère attachement. Julib.

A M. ROBDEBEB , A PARIS.

Pointe Brëeze, 8 septembre 1825.

J'ai reçu, mon cher Rœderer, votre lettre du U mai. L'on m'avait déjà représenté les choses à peu près comme vous me les annoncez ; mais il faut que ce soit vous qui me les disiez pour que je puisse les croire.

M. de la Fayette m'a beaucoup parlé dans ce sens. Nous sortions, lorsque je vous ai connu, de la démagogie la plus horrible ; nous avons fait tout ce qu'il fallait pour en tirer la nation et la pacifier avec l'Europe ensanglantée ; aujourd'hui, d'autres soins : la vieille Euix>pe, guérie de la peur qui lui donnait les dehors de la modération, revient à toutes les extravagances de la sainte ampoule, du droit divin, de la distinction de quelques familles du reste du genre humain. On a raison de se réunir tous pour repousser les extravagantes

le voit ici, à un jeune homme de Tlle de France. Elle me fit Thonneur de m'en donner douze exemplaires. Après lecture , je fus convaincu que le roi en était Tauteur. — La reine le niait toujours; mais, ne pouvant réussir à me persuader, elle me dit en riant : Pourquoi persisùez-vous dans celte idée, puisque je vous dis le contraire? — Par beaucoup de mot\fs, madame, répondis-je , dont le principal est votre manière même de nier. Elle ressemble beaucoup plus à un refus d*aveu qu'à une négation sérieuse. — (Eu riant) ; Comme voits voudrez, puisque je ne puis réussir à vous dissuader! — Je tiens pour tK^-cerlain que ce poôme €»{ du roi Joseph ; mon pore en était également convaincu.

exigences des siècles de barbarie. Je fais des vœux pour que la raison triomphe, et que l'intérêt du plus grand nombre mette les mutins à la raison. La loi du sacrilège, le tribut d'un milliard levé sur les Gaulois en favetir des Francs (qui n'ont rien conquis), montrent assez la vérité de ce que me disait madame de Staël, en Suisse, en 4814 : a II n'y a rien de bon à faire avec des gens qui octroient des constitutions ! »

Tout pouvoir (quel qu'il soit) qui ne reconnaîtra pas qu'il émane du peuple, ne peut pas exister longtemps par le temps qui court. La liberté, l'égalité sont possibles pour des gens qui les voient depuis dix ans sous leurs yeux régir une grande nation; car les États-Unis d'Amérique sont , sous tous les rapports, une grande et heureuse nation.

M. de Mélito est ici depuis quelques jours. Je lis avec plaisir l'ouvrage du général Gourgaud; je suis fâché, pour M. de Ségur père, de l'ouvrage du fils.

Qu'on est malavisé d'être ingrat !

Qu'on est sot de n'être pas droit !

Marmont, Talleyrand, sont-ils heureux?

J'ai lu votre notice bibliographique ; elle n est que vraie : vous n'y êtes pas flatté , mais vous n'avez pas à vous en plaindre.

M. delà Fayette vous remettra cette lettre; il est venu me voir deux fois dans ma retraite. Il m'a montré de Testime, de l'intérêt ; il m'a bien apprécié. Il m'a raconté la source d'une si fatale erreur : il ne se doutait pas alors des maximes de la sainte alliance. Pour la servir, il fallait avoir l'âme d'un Fouché; M. de la Fayette ne pouvait qu'en être viclime.

On ne peut pas croire qu'à la longue, avec la paix , la liberté, l'égalité ne puissent pas fleurir en Europe, lorsqu'on les voit tellement prospérer dans ce pays-ci, et que tous les ans de nouveaux déserts deviennent des pays policés, et qu'à mille milles de l'Atlantique il y ait plus de civilisation que dans le Vivarais, ou la haute Provence, ou la haute Bourgogne.

Agréez ma constante amitié.

Joseph .

A M. BORDRRBR , A PARIS.

Pointe Brèeze, 12 mai 182G.

M. de Mélito vous donnera de mes nouvelles; il vous dira que j'ai lu avec beaucoup de plai-

iO LETIRES DU ROI JOSEPH,

sir vos derniers ouvrages. Il vous priera de ma part de continuer à m'envoyer ceux que vous serez dans le cas de publier encore, afin que je les reçoive le plus tôt passible. U vous soumettra une notice sur laquelle je désire avoir vos observations et votre jugement. Vous me ferez plaisir d'ajouter sur des feuilles détachées et numérotées tout ce vous jugerez qui manque , surtout à Farticle de Naples (comme sur les autres, au reste) , ayant une pleine et entière confiance en votre manière de voir et en votre judiciaire. Ne craignez pas de critiquer ce qui vous paraîtra le mériter.

J'ai souvent parlé de vous , et je regrette beaucoup que le grand éloignement où je suis de l'Europe ne me permette pas Pespoir de vous revoir ici.

La mort de l'empereur Alexandre éloignera peut-être encore le désir que j'avais de faire un voyage en Italie pour y voir ma mère, et peutêtre ramener ma fenmie avec moi à mon retour en Amérique. J'étais autorisé à concevoir l'espérance que l'empereur Alexandre aurait facilité les moyens d'effectuer ce voyage; mais il est mort, et je ne suis pas fondé, par les offres d'aucun autre prince influent, à concevoir le même projet; car je ne voudrais pas m'exposer à arriver et à repartir le lendemain , ou à être obligé à des séjours forcés, n'importe où ! — Quelles qu'aient été les erreurs politiques d'Alexandre, j^étais fondé à compter sur ses offres, et je ne pense pas qu'il eût voulu s'avilir par un manque de parole gratuit. Il me faisait espérer de me garantir un libre retour aux États-Unis, dès que j'aurais fini mes affaires en Europe : il n'en est plus ainsi. U est donc probable que je serai longtemps encore sans vous voir, à moins que les apparences ne nous trompent beaucoup.

Je suis, au reste, ici aussi bien que possible; mais j'ai vécu quarante ans en Europe, ma famille, mes amis y sont : à cela près, l'Amérique vaut aujourd'hui pour moi mieux que l'Europe.

Vous verrez, par l'extrait ci-joint, que je ne suis pas reconnu citoyen américain pour y avoir acheté des terres.

Adieu , mon cher Rœderer ; je désire que votre santé soit aussi bonne que la mienne. Rappelez-moi au souvenir de vos enfants.

DE LA REINE JULIE, ETC

FlàCB NKNTIOlflCftB DAIIS LA LBTTBB QUI ML&CÈùU,

Extrait des journaux de Trenton : the Emposium qf the true American , du samedi 1*' avril 1826.

Nous lisons dans le numéro du Courrier Français du 10 janvier, que Joseph Bonaparte (le comte de Survilliers) s'est fait naturaliser citoyen américain. L'assertion n'est pas exacte : c'est en vertu de l'acte de la législature de l'État de Jersey, du 22 janvier i8i7, que le comte de Survilliers a pu acquérir des propriétés dans notre voisinage, quoique étranger.

Si les feuilles françaises veulent dire qu'il y vit en bon citoyen ; qu'il a obtenu, lors de l'incendie de sa maison, les preuves les plus évidentes du plus Vif intérêt de la part de ses voisins; que, dans une lettre qu'il crut devoir leur écrire à cette occasion, il appela ce pays le pays le plus heureux de la terre, ce qui devrait faire présumer que ses institutions lui conviennent, les feuilles françaises diraient la vérité.

Nous avons sous les yeux un acte de la législature de l'État de New-York, qui a accordé, il y a quelques mois, à Joseph Bonaparte (le comte de Survilliers) la même faculté de posséder des terres, quoique étranger. Cidessous est l'extrait de sa pétition.

« Le comte de Survilliers (Joseph Bonaparte) d n'étant du nombre de ceux qui puissent quit- « ter le sol hospitalier des États-Unis, et cea pendant lié à sa patrie par des devoirs que « le malheur rend encore plus sacrés, ne doit « pas profiter des lois qui , avec le titre hono- « rable de citoyen américain, lui offriraient le a droit de posséder des terres. Autorisé à présua mer dans la législature de l'État de Nevra York autant de bienveillance qu'il en a a trouvé dans d'autres États de l'Union , il la « prie de vouloir bien lui accorder la faculté « de posséder des terres dans l'État de Newit York. »

A M. BOEDRREft, A PARIS.

Pointe Brceze, 12 mai 1827.

Mon cher monsieur Rœderer, madame Keating , jeune veuve qui se rend à Paris pour sa santé, vous remettra cette lettre. Elle est la fille d'un des hommes les plus marquants d9 ce pays , mon ami particulier depuis que je

LETTRES DU ROI JOSEPH

suis ici , et mon plus proche voisin de campagne : c^est M. Hopkinson, fils de Tun des signataires de l'acte de l'indépendance américaine , et lui-même Pun des membres les plus éloquents du congrès. Si vous pouvez lui être bon à quelque chose , vous me rendrez grand service, car je suis fort attaché à cette famille, et à madame Keating en particulier. Elle est fort instruite, parle Titalien, Fespagnol et le français. Je désire qu'à son retour elle me porte de bonnes nouvelles de votre famille et de votre santé. La perte de Girardin m'a été bien sensible, et m'épouvante pour mes meilleurs amis. Ménagez-vous assez pour que je puisse vous revoir un jour, et vous renouveler les témoignages de ma sincère et constante amitié. Votre affectionné^

J0S£Pfl.

if* le comte RcBderer.

{Noie de VédUeur,) Je trouve, au tome X des Mémoires du roi Joseph y une seule des lettres que mon père eut l'honneur d'écrire à S. M. en Amérique. La voici* Je le répète encore, mon père ne conservait presque jamais la copie des lettres qu'il écrivait; aussi, n'ai-je pu en produire ici que fort peu.

A N. LE COMTB DB SURVILLIERS, A FOniTB B&ÈBZB.

Paris, le 2 juillet 1829.

Je sabis avec empressement Toccasion trop rare qui se présente , pour adresser à M. le comte de Survilliers Thommage de mon fidèle et respectueux attachement. N'est-il donc pas permis de le revoir en Europe? Si l'Italie a des inconvénients, le royaume des Pays-Bas est un séjour agréable à beaucoup d'égards, qui a été tolérable pour l'exil même. Je pourrais espérer de traîner là ma vieille machine, à laquelle il reste pourtant encore la mémoh*e du cœur. J'ai été très-fâché de rencontrer dans les Mémoires de Gh*ardin beaucoup de choses que le défaut de discernement, plutôt que la malveillance, y a laissé passer; je pourrais répondre que l'intention de Girardin n'a jamais été qu'on y . donnât de la publicité : cela prouve qu'il ne faut écrire que ce qu^on veut laisser voir. M. Glary (i) vient d'avoir un avancement que je regarde comme le signe de dispositions plus

(1) Le général Marins Clary, neveu de la reine Julie.

DE LA REINE JULIE, ETC. 41

favorables dans la maison royale pour la famille de l'empereur. Il est certain que M. Glary ne Ta point obtenu par le désaveu des liens qui l'unissent à votre famille , ni par des soumissions indignes de lui ; il le doit à son talent militaire , à ses services et à sa loyauté. Si je n'habitais la campagne , j'aurais plus d'occasions de me rappeler au souvenir de M. de Survilliers; mais je ne viens à Paris qu'accidentellement, quoique j'y aie toujours le même établissement dans la même maison. Je prie son ancienne bonté d'avoir quelquefois présente ma reconnaissance, qui ne finira qu'avec moi.

Pointe Brceze, 21 septembre 1830.

Mon cher Rœderer,

Je fais des vœux pour que cette lettre vous trouveàParis.Le général GharlesLallemandvous verra de ma part, et demandera vos avis. Vous pouvez avoir pleine et entière confiance en lui. U vous dira que j'étais au moment de l'accompagner; mais le nom du duc d'Orléans m'éloigne, et je craindrais d'arriver mal à propos. Vous connaissez le fond de ma pensée^ je suis, avant tout, amoureux de l'indépendance et de la gloire de la France : aussi , je ne me permettrai jamais aucune démarche qui pourrait les compromettre en rien. La proclamation du 7 août, par des individus n'ayant pas mission pour cela , me paraît une insulte gratuite à la nation, et je suis prêt à m'y opposer autant que cela sera en mon pouvoir. Dites-moi quelle est votre manière de voir, et celle des personnes que j'apprécie le plus. Que pensent Sieyès, Merlin de Douai, Berlier, Thibeaudeau, qui doivent être de retour à Paris? Voyez-vous encore Boulay de la Meurthe et Defermon? Rappelez-moi au souvenir du général Gourgaud et de vos enfants. Groyez à toute mon ancienne amitié ,

Votre affectionné,

Joseph.

A M. nOBDBRBB, A PARIS.

New-York, 29 juin 1831.

Mon cher monsieur Rcederer, j'ai reçu votre lettre du 29 de l'année actuelle et les divers ouvrages que vous m'avez envoyés. Je les ai lus tous avec un très-vif intérêt: celui sur la

propriété industrielle m'a paru lui-même trèsingéoieux; et je partage entièrement votre manière de voir.

Quant à la révolution de Juillet , elle a été manquée : tout ce que Von cherche à obtenir par des moyens factices ne m'a jamais paru de longue durée.

Un Bourbon n'était pas ce que voulait le peuple ; il ne voulait pas davantage que l'on abattît les aigles toutes françaises par une gloire la plus grande qu'ait eue la France. Les petits intérêts et les petites passions de coteries ont usurpé la volonté des masses; mais il n'y a pas de milieu^ ou les coalisés de 4814 périront^ ou les masses.

Quant aux quasi, ils seront la honte de 1830 €tde 4831, et la risée de la postérité. Vous avez vu ma lettre à la chambre des députés, du 48 septembre 1830; les événements m'ont rendu prophète.

Les bons esprits doivent défendre les masses de ce qu*elles ne doivent pas vouloir , pour leur bonheur. En général, cependant, leur instinct les mène droit au but. hes masses ont été dignes de la France.

Les gens sages, c'est-à-dire Iftches, égoïstes, sont restés dans le juste milieu, entre leur ami et leurs ennemis; c'est-à-dire, dans la boue non ensanglantée des combats , loin de la poussière olympique des combattants. Ils eussent dû prendre la quenouille et le jupon des Sybarites^ car les Françaises les désavoueraient aussi bien que les Polonaises; car en France on se rappelle encore des héroîoes de Beauvais et d'Orléans , et les femmes aiment )es hommes du mouvement et non ceux du juste-milieu.

M. Poinset, s'il a le bonheur de vous rencontrer, sera charmé de vous connaître ; il a lu vos ouvrages chez moi. C'est un Américain cosmopolite, digne de vous apprécier; c'est un honwne d'un esprit très-cultivé : il a été chargé des commissions les plus délicates de son pays, où il est fort respecté. Ajoutez à cela qu'il est beaucoup de mes amis; ainsi, ayez toute confiance en lui, en ce qu'il vous dira et en ce que vous voudrez bien lui confier. Mes souvenirs à vos enfants et au général Gourgaud.

Votre ami,

Joseph, comte db Survillibes.

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