‹ Œuvres du comte P. L. RœdererChapitre 150 sur 208 · RELATIONS DE QUELQUES VOYAGES · texte numérisé non relu

RELATIONS DE QUELQUES VOYAGES

agriculteur» [de mauvaise foi) peut passer pour un plan général de gouvernement, etc.

Je ne ferai d'autre réponse à ces suppositions que de prier les lecteurs, qui n'auraient pas lu ma lettre y de vouloir bien y jeter les yeux, et de voir s'ils y rencontrent rien qui res^ semble à ce que je viens de rapporter.

Une répétition exacte de ce que j'ai dit serait fastidieux 9 et méme^ citoyen, vous auriez pu épargner à vos lecteurs et à moi la réclamation que je vous adresse , si vous aviez piis la peine de noter, au-dessous des phrases que je relève, qu'elles n'étaient pas conformes aux miennes.

(Journal de Paris ^ du 9 floréal an it. — 28 avril 1706.)

RÉCrr D^CH TOT AGE.

Oui, je répéterai volontiers par écrit ce que je vous ai dit. Il suffit de venir de cent lieues de Paris pour y être assailli pendant quinze jours de questions innombrables , qui pourtant se réduisent à trois ou quatre : — D'où venez- vous? Quel est l'esprit des départements que TOUS avez vus? Comment sont les chemins? Comment va la conscription? En peu de mots, voici mes réponses; cela sera dit une fois pour toutes.

Je viens de Pextrémité du département de la Meurthe , près de la limite intérieure du département du Bas-Rhin. — Est-on tranquille dans ce pays-là? — Tranquille comme vous l'êtes dans votre chambre. — Mais on a parlé, à Paris ^ de troubles, de factions renaissantes dans les départements du Rhin. » Je n'en ai pas entendu parler près des départements du Rhin ; voilà ce que je puis vous dire. Ce que j'ai vu dans ce pays-là et sur toute la route ^ c'est une parfaite soumission au gouvernement, et même beaucoup d'intérêt pour lui quand on le voit menacé à Paris, le seul lieu de la république où ses ennemis puissent avoir maintenant quelque puissance. — Mais les troubles de la Belgique ! — Vous par-

lez d'un pays conquis ; il n'est pas étonnant que les Belges soient encore un peu moins Français que les Français. Mais ce cpii prouve que l'aînesse met une différence de raison et de civisme entre ces nouveaux Français et les anciens , c'est le zèle avec lequel j'ai vu la colonne mobile de Metz courir à Luxembourg pour assurer la tranquillité du pays; c'est la surabondance de force qui y fut portée, et que le commandant fut obligé de faire refluer. Tout m'a prouvé que le gouvernement a, pour réprimer les désordres de quelques parties^ l'insurmontable puissance du tout; il a contre quelques fous des millions d'hommes raisonnables, contre une section de département tous les départements environnants, sans parler des troupes de ligne, qui , comme elles le doivent, n'entendent que la voix du gouvernement , confondue pour elles avec la voix de la patrie.

— Et comment sont les chemins? — De Sarrebourg à Paris il y a , à tout compter, quatre ou cinq lieues de chemin qu'on ne peut parcourir sans précautions; il y en a douze ou quinze de fort dures, mais non dangereuses; il y en a quatre-vingts de très-bonnes. Avec moins de quatre cent mille francs, et un mois de travail au printemps, le tout peut être en fort bon état.

— Et la conscription, comment va-t-elle ? — Bien. Depuis Sarrebourg jusqu'à Paris, c'est-à-dire dans une route de cent dix lieues , c'est une procession qui marche du centre vers la frontière. Quelle fleur de jeunesse ! Quelle vigueur! Quelle gaieté! Les premiers conscrits que je vis venir de loin me serrèrent le cœur ; je les voyais avec des yeux de père. Hs approchèrent : la gaieté de leur figure, la légèreté de leur marche me rendirent mon Ame de citoyen. Je m'étais dit d'abord : Hélas ! ils vont combattre, et peut-être périr! En les voyant de près je n'ai plus eu d'autre idée , d'autre conviction que celle-cî : Hs vont combattre et vaincre.

(Journal de Paris, du 21 — Il décembre 1798.)

frimaire an vii.

OPUSCULES

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