‹ Œuvres du comte P. L. RœdererChapitre 16 sur 208 · ÉPISODE RELATIF A M. LE BABON LOUIS · texte numérisé non relu

ÉPISODE RELATIF A M. LE BABON LOUIS

Oo voit, dans Textrail qui 8oitd*uDe lettre de moD père à madame Rœderer, à Paris, qu*à peine arrivé à Naples il méditait Tappel de M. Louis :

• 25 mai 1806. — ... Je ne pai8,ma chère amie, ni rien faire ici ni rien demander en ce moment pour personne , même pour les gens que vous me recommandez. Si je propose un sujet à un ministre, il me répond : « Gardez-le pour vous-même, s*il est bon. » Moi, je ne puis employer personne, ne sachant si j'aurai quelque chose à faire. Gela dépendra de Tempereur, et sa réponse nous apprendra bientôt ce qu'il en sera. J'aurai soin de M. D... , si j'ai le ministère des finances ; c'est un bon sujet. Je ne dis pas la même chose de M. M..., à moins que Thirion , dont je connais la probité sévère et la délicatesse, ne dise, sans tergiversation et sans hésitation, qu'il en répond. — Quel" qu'un dont fatnHUonnertUs la coopération , ce serait notre dur, mais sage et probe Louis.., »

Mon père ayant proposé au roi de faire venir M. Louis, S. M. l'autorisa à lui écrire, el à lui offrir une position propre à le décider à accepter.

Voici la lettre qu*il lui écrivit , et que je copie sur l'original querempereur renvoya à son frère à Naples, conmie on vient de le voir. Sans ce renvoi, je ne pourrais produire cette pièce, mon père ne gardant presque jamais de copie de ses lettres.

« Naples, le 9 juin 1806.

a Le roi , mon très^cher collègue en écono* mie politique , désirerait que vous vinssiez ici. Il nous a chargés^ M. Dumas et moi^ de vous y engager. Il vous ferait conseiller d'État et vous donnerait un département» conome le trésor public^ ou une caisse d'amortissement, ou une liquidation générale de droits aliénés et rachetés ; de sorte que vous auriez un traitement de 25,000 francs au moins. Il faut vous dire que les conseillers d 'État n'ont ici que 1 5,000 francs, et les ministres 32,000. Je vous désire beaucoup ici, par l'attachement que je porte au roi et à vous. Je puis vous assurer que vous auriez ici le plaisir de faire beaucoup de bien. Le roi a les intentions les plus droites, les plus sages ; et les ressources du pays sont immenses. Je dois vous dire, au reste, que c'est du propre mouvement du roi qu'est venue la proposition que nous vous adressons, llnousa ditqu'il avait souvent parlé de vous à l'empereur depuis qu'il vous a vu à Migneaux , car il m'a rappelé celte première entrevue. Je laisse à M. Dumas le plaisir de vous dire toutes les choses de persuasion que la circonstance peut inspirer. Il vous dira le plaisir que ferait à tous les Français attachés de cœur au roi, la venue d'un homme de lumière

et de (MTobité rigide tel que vous; il vous dira combien le roi mérite d'être bien servi; il vous dira que vous trouverez ici beaucoup d'amis ; et puis le beau cid de Naples peut bien aussi fournir deux bonnes lignes. J'appuie d'avance tout ce qu'il vous dira, parce qu'il vous expri* mera mieux que moi ce que nous sentons l'un et l'autre. Toutefois, si je ne consultais que mon intérêt personnel , je ne sais ce que je devrais vous dire ; car je pourrais être partagé entre l'impatience de vous voir ici cet été, et la crainte de ne pas vous voir à Paris où je retournerai cet automne, si l'empereur ne m'autorise pas à demeurer ici plus longtemps. Mais ce qui me concerne m'importe moins que ce qui intéresse les personnes que j'aime, et le bien public qui m'occupe toujours un peu.

« Ma femme a dû vous faire lire quelques lignes que je lui ai écrites il y a quelque temps pour vous (i). Je pressentais la bonne intention que le roi a manifestée hier sans aucune provocation. Adieu. Ne prenez pas trop conseil de vos amis de Paris. Pensez à ceux de Niqples , et venez. Je vous ^3aJl>rasse d'avance et de tout mon cœur.

C ROEDBBEB. D

Voici les deux réponses que mon père reçut de M. Louis :

FaSMliRB JLBTTEJI DE N. LOUIS A N. ROBDBRBB.

Paris, le 21 juin 1806.

« Mon honoré maître ,

m Je sens très-vivement le prix de l'intérêt honorable dont votre lettre m'apporte des preuves si flatteuses. J'espère que vous ne douterez jamais de ma reconnaissance.

« Je voudrais déjà être aux pieds du roi pour lui faire l'hommage de mes services, et je ne négligerai rien pour avancer mon départ autant que possible.

a Je regrette de n'avoir pu joindre mon ministre, sans l'agrément duquel mes devoirs ne me pennettent pas de disposer de moi avant de vous répondre : mais il est à Saintr-Cloud, et je ne veux pas retarder d'un jour ma réponse.

« Malheureusement pour moi, l'empereur, depuis votre départ, a travaillé directement , en présence de notre ministre, avec les chefs

{Note de l'éditeur,) Lettre du 25 mai 1806, rapportée dans la colonne précédente.

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