‹ Œuvres du comte P. L. RœdererChapitre 180 sur 208 · SB REPOSER ET SE MARIER LE JODR QC'ON VETT · texte numérisé non relu

SB REPOSER ET SE MARIER LE JODR QC'ON VETT

Ainsi donc, citoyens, on aura à l'avenir la liberté de travailler tant qu'on pourra, de se

(Note de l'éditeur.) Les consuls venaient de prendre un arrêté, sur le rapport du conseil d*État, dont voici un extrait. Mon père présidait alors la section de Tintérieur :

Art. 1"^. — Les jours de décadi sont les seuls jours fêtés et reconnus par rautorilé nationale.

Art. 2. — L'observation des jours fériés n*est obligatoire que pour les autorités constituées, les fonctionnaires et les salariés du gouvernement.

Art. 3. — Les simples citoyens ont le droit de pourvoira leurs besoins et de vaquer à leurs affaires tous les jours, en prenant du repos selon leur volonté, la nature et l'objet de leur travail, etc..

Tel était le but auquel mon père avait tendu dans

ADMINISTRATION

reposer quand on voudra, de se marier quand on trouvera! Enfin, voilà donc de la liberté et de la république ! Malheureux que nous étions ! H y a dix ans, un père de famille qui avait besoin d'un écu, un jour de dimanche, se mettait-il à pousser^'le rabot ou la lime dans son atelier, on lui disait : Tu profanes ce saint jour. CroUe tes bras, ou vas au cabaret; sinon, à Va^ mende, et en prison si tu continues. Il y a deux ans, autre tyrannie: on institue le décadi, ou le fait héritier de tous les prétendus droits du dimanche , et Ton commande trois fois par mois, de par la liberté et la république, l'oisiveté à tous les citoyens, c'est-à-dire la débauche aux ouvriers qui ont un écu à dépenser, la mendicité à ceux qui n'ont pas une obole pour nourrir ce jour-là leurs femmes et leurs enfants. On fait plus : à la tyrannie de commander Toisiveté le jour où le travail peut être nécessaire, on ajoute celle de commander le travail le jour où l'ouvrier, accablé de travail, peut avoir besoin de repos. Uniquement parce qu'il a existé une oppression qui, le dimanche, a défendu le travail, il en vient une autre qui, ce jour-là, le commande; de sorte que, sous le régime qu'on disait être celui de la liberté par excellence, on avait sept jours d'oppression par mois au lieu de quatre que consacrait l'ancien régime. Aujourd'hui, grâce au ciel, il ne nous reste rien ni de la domination ultramontaine , ni de la domination révolutionnaire.

Il est probable que, dans le premier moipent^ les anciens dimanches seront chômés; mais l'exemple des autorités constituées Remportera sur l'ancien usage. D'ailleurs, viennent la paix et le travail, et vous verrez bientôt l'intérêt solliciter l'industrie, l'appeler tous les jours, sans distinction , dans les ateliers, et lui faire préférer de répartir sur chaque jour d'œuvre une portion du repos qui était d'usage le décadi ou le dimanche, à soutenir un travail forcé chaque jour, pour une journée par décade de repos ennuyeux ou de débauche ruineuse.

C'est ainsi que le peuple en use à la Chine. « Les Chinois, dit lord Macartney, t. III, p. 267 0 de son voyage, n'ont point de jour fixé pour

une série de petits articles antérieurs qui se trouvent fondus dans celui-ci, et que, par ce motif, je ne reproduis pas.

« un repos périodique. Ils n'ont point de dia manche, ni même de divisions qui aient quel- « que rapport avec nos semaines. Leurs tèm- « pies sont ouverts chaque jour pour recevoir a les dévots. Le travail ordinaire du peuple « n'est pas souvent interrompu. » "

A la Chine, donc, l'état naturel des hommes est le travail, et le repos n'est qu'une exception qui doit être cachée pour ne pas aller de pair avec la règle.

Et qu'on ne dise pas que les jours de repos périodiques servent à unir les citoyens entre eux et avec l'État. Comme nous l'avons dit dans la Décade philosophique {n*' 3% de Vanyï), ce sont les ateliers qui unissent les hommes, et les cabarets qui les divisent; c'est le travail, et la division du travail, qui fait sentir à la multitude la dépendance réciproque de tous les citoyens, et ce n'est pas l'oisiveté, mère de tous les vices, où la raison s'égare et où Phomme s'abrutit. C'est l'aisance, fruit d'un travail soutenu et bien payé , et non le désœuvrement commandé, qui apprend au peuple à chérir sa famille, sa patrie, la liberté, la république.

Le travail ! le travail ! C'est là le grand régulateur des mœurs, la sublime Providence qui pourvoit à nos besoins, qui fournit à nos plaisirs.

Nous finissons par une remarque : c'est que la liberté de travailler et de se reposer, quand on le juge à propos, a été reconnue, consacrée par la Convention nationale, à qui pourtant on a tant d'oppressions à reprocher, et que l'obligation de travailler le dimanche et la défense de travailler le décadi sont de l'invention de Fancien Directoire.

(Journal de Paris, du il thermidor an viu. — 30 juillet 1800.)

(Note de Véditeur.) Voici l'article mentionné dans celui qui précède, et qui avait été imprimé dans la Décade phllosop/Uque, n* 32 de Tan vi.

C'est à mes yeux un grand malheuf que la discussion du conseil des Cinq Cents sur les moyens de faire fêter le décadi et d'empêcher qu'on ne fête le dimanche. Celait au gouvernement, c'était surtout à l'instruction à amener l'abolition du dimanche. En mettant au décadi lejourderepos des autorités, on faisait déjà

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beaucoup pour la réforme. En défendant au& notaires de stipuler suivant un autre calendrier que le calendrier républicain; en défendant aux journalistes, aux imprimeurs d'affiches et placards d'indiquer d'autres divisions des mois que celles du nouveau .style; en y assujettissant tous les corps savants, les écoles centrales et primaires; en s'entendant avec les spectacles pour qu'ils n'ouvrissent pas les dimanches, pendant quelque temps, et qu'ils ouvrissent lesdécadis à meilleure heure ei à meilleur marché; en excitant le travail, les dimanches, par quelque prime dans les ateliers publics ; en y portant quelques marchands par quelque faveur particulière ; en réglant les jours de marchés surle nouveau calendrier; entaxanl moins, dans les rôles des contributions, les marchands qui auraient ouvert leurs boutiques tous les jours que ceux qui l'auraient fermée quatre fois dans le mois, ces derniers devant être présumés, par cela seul, plus riches que les autres; surtout en laissant oublier les prêtres et môme en en gagnant plusieurs; enfin, en faisant aimer la république et ses institutions, je crois fermement qu'on aurait obtenu avant quatre ans tout l'effet désiré; et je pense qu'au contraire la violence et les persécutions entraîneraient la ruine du décadi, et peut-être bien pis.

C'est, dis-je , un malheur que la discussion seule de cet objet dans ime assemblée publique ; car, cette discussion une fois entamée, il n'est plus possible d'en sortir par un ordre du jour, et il est très-difScile d'en sortir par un décret parfaitement sage.

Le fait-on violent et intolérant : il sera une arme pour le fanatisme révolutionnaire, et préparera beaucoup de crimes nouveaux , et par ces crimes il ramènera avant deux ans le fanatisme religieux, plus cruel et plus puissant que jamais.

Fait-on le décret modéré, tolérant : les prêtres s'en prévaudront, en feront trophée, et leur orgueil , enflé par leur folle joie, les entraînera à des fautes qui ramèneront contre eux à des rigueui^.

11 faut, je crois, dans des temps de parti, éviter les querelles et surtout les triomphes de parti, car tous les partis abusent. Je n'appelle point parti les honmies qui dénrent vivemaat que le système décadaire l'emporte sur Vheb^ domadaire; mais ceux qui le veulent à tout prix

et sans ménagements sont à mes yeux un partï^ et un parti dangereux à la république.

S'il est encore un moyen de sortir sans mal encombre de la discussion commencée, je crois que le voici : »

Ce serait d'abolir tout jour de repos périodique, et de dire : « Les travaux des hommes «étant diversement pénibles, les forces des a hommes étant aussi très-difTérentes, chacun « se reposera quand il sera las; nul ne sera « obligé de se reposer quand il voudra traa vailler.

« Le marchand étant pour l'ouvrier et le « consommateur un intermédiaire nécessaire, a n'étant d'ailleurs assujetti qu'à un service peu «fatigant, est censé avoir contracté envers « l'ouvrier et le consommateur l'engagement a de subvenir aux besoins de l'un et de l'autre, « besoins qui ne soufTrent point de délai. En « coAséquence , il ne sera point délivré de pa- « tente au marchand, s'il ne se soumet à tenir a constamment sa boutique ouverte au public, a à peine de déchéance de cette même patente, a et d'être obligé d'en racheter une nouvelle « à chaque contravention qui serait jugée sans « excuse. » Cette loi ne serait qu'une extension de celle qui concerne les bouchers et les boulangers.

La loi pourrait aussi dire : ce La taxe pera sonnelle de tout marchand qui fermera sa a boutique plus d'un jour dans le mois sera a double de celle du marchand dont la boutique 0 sera toujours ouverte, celui qui se repose a quatre jours sur trente étant présumé plus ce riche que celui qui travaille sans relâche. j>

Une loi faite à peu près sur ces principes aurait , outre l'avantage de ne donner de triomphe à aucun parti, celui d'augmenter le travail national, ou au moins de ne pas le diminuer comme tout autre système; car le système '.décadaire est à cet égard tout aussi vicieux que l'autre ; il est prohibitif du travail pendant frois jours du mois et même pendant six , puisqu'il permet le repos à la mi-décade.

A la Chine, c'est-à-dire chez le peuple le plus laborieux du monde, et le plus moral, il n'y a point de jour de repos fixe; point de dimanche, point de décadi; les dévots vont chaque jour passer une heure dans les temples, mais chaque jour ils travaillent. (Voir l'arliele qui suit celui-ci.)

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En ordonnant de fêter les décadis, on s'irapose de faire trois fois le mois ce que les anciens évêques, lieutenants de police, curés, juges et baillis faisaient pour le dimanche. Si une maison croule, il faut une permission pour relayer, ou payer l'amende; si Ton fauche, si Ton moissonne le décadi, procès -verbal, amende , galères, déportation ! Grand Dieu 1 qu'on défende l'oisiveté le dimanche tant qu'on voudra, mais qu'on ne nous la commande pas le décadi. Les hommes raisonnables disaient autrefois aux prêtres et aux peuples superstitieux : Eh! mes amis, travailler, n'est-ce pas saneti* fier le dimanche? Les cafards répondaient: Non, nous voulons que ce soit le profaner; et on allait au cabaret. Direz-vous au père de famille qui, dans sa boutique, un jour de décadi, gagnera le pain de ses enfants : Tu profanes le décadi? Il vous répondra : Eh mais! autrefois vous médisiez que travailler pour mes enfants c'était sanctifier le dimanche.

Savez-vous à quoi le peuple passera les décadis? à boire, comme il passait les dimanches. Et les primidis? à se battre, ou à battre sa famille, ou à faire des émeutes, comme autrefois les lundis. La police vous dira que le soir des dimanches et les lundis ont toujours été les gi*ands jours de désordre public, et en ont ordinairement produit autant que le reste de la semaine. Voilà à quoi servent les jours de repos fixes et périodiques. Cependant on a dit qiieiquefob que ces jours servaient à unir les citoyens entre eux et avec rÉtat.Rien de plus faux et de plus absurde. Ce sont les ateliers qui unissent les hommes, et les cabarets qui les divisent ; c'est le travail et la division du travail qui fait sentir à la multitude la dépendance mutuelle de tous les citoyens, et non l'oisiveté, mère de tous les vices , où la raison s'égare et où Fhomme s'abrutit. C'est l'aisance, fruit d'un travail soutenu et bien payé, qui apprend au peuple à chérir sa famille, sa patrie, sa liberté, la république. L^oisiveté d'un mois, d'un an, de la vie entière, a toujours commencé par l'oisiveté d'unjoètr. L'oisivité d'un jour n'est pas dangereuse quand elle est commandée par la fatigue, et que l'homme qui se repose est en* touré de gens qui travaillent; mais quand l'homme qui ne fait rien est en état de faire , et qu'il est entouré de gens qui, comme lui, ne font rien, sans être fatigua parce qu'ils ont

fait, l'oisiveté d'un jour, si elle n'engendre pas bien des vices, suffit pour enfanter bien des fautes et des malheurs.

Au reste , qu'il y ait une fête nationale une fois le mois. Plus elles seront rares, mieux elles seront célébrées. Une fête par mois et le travail tous les jours; voilà de quoi les faire valoir Pune par l'autre, suHout si la fête qui succédera au travail est en Thonneur du travail. Je ne voudrais pas plus de fètes que douze par an , en Fhonneur des arts et métiers, et une aux jours complémentaires, en l'honneur de la liberté et des grandes époques de la Révolution. Du reste, le travail, le travail ! c'est là le grand régulateur des mœurs, la sublime Providence qui pourvoit à nos besoins et fournît à nos plaisirs. Défendre le travail ! faire du travail un crime ! attacher une peine au travail ! De quelque manière qu'on le fasse, c'est blesser tous les intérêu , tous les droits, c'est confondre toutes les notions de bien et de mal , d'utile et de préjudiciable. A. B.

EXTEAIT DU VOYA«B DE MACARTNBY ENCHUIE,

COIfCBmifAIlT LES J0UB8 DE REPOS (l).

a Les Chinois n'ont point de jour fixe pour «un repos périodique. Le travail ordinaire a du peuple n'est pas souvent interrompu. » (Tome III, page 267.)

a Les Chinois n'ont point de dimanche , ni ce même de divisions qui aient quelque rap- « port avec les semaines. Leurs temples sont « ouverts chaque jour pour recevoir les décc vots. » (Tome III, page 268. )

Il s'ensuit de là qu'à la Chine les ouvriers se reposent quand ils sont las, que rien ne les oblige à se reposer tandis qu'ils peuvent travailler, et que les marchands, dont le métier,

(1 ) (NotedefédUeur.) Bieo que cet article toit signé A. B., il est certainement démon père, qui a fort étudié les mœurs et le gouvernement de la Chine , comme on le verra dans la suite de cette collection. On retrouve d'ailleurs dans cet article les idées sur lesquelles il a tant insisté dans ceux qu*il a écrits sur le môme sujet ; on y retrouve sa manière et ses mêmes expressions. — Enfin , Tarticle inséré dans la Décade pAitasoph^gue, rapporté d-dessus, y est également signé A. B.

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exempt de fatigue, n'exige point de repos, tiennent leurs boutiques ouvertes tous les jours sans exception. Les Chinois sont le peuple le plus laborieux de la terre et par cela même le plus moral. — S'ils donnaient des patentes à leurs marchands, ils ne les donneraient qu'à condition que les marchands seraient tous les jours au service des consommateurs , et à la charge de déchéance lorsqu'ils auraient manqué à leur obligation sans cause valable , ce qui les obligerait à racheter une autre patente ; ils n'ordonneraient point aux autres ouvriers le travail , parce que les divers travaux et les divers degrés de force des travailleurs exigent des repos différents; mais ils regarderaient comme un attentat sur la liberté et la morale de défendre le travail un seul moment de Tannée. Ils ne le défendraient ni trois jours, ni quatre jours , ni six jours par mois ; ils ne feraient pas un partage du temps tel qu'il y eût la part du cabaret et la part des ateliers, la part de la débauche ei celle de la vie active, les jours où l'on gagne sa subsistance et celle de sa famille, et ceux où l'on triple la consommation ^ns rien gagner. — A la Chine , l'état naturel des hommes est le travail , et le repos n*est qu'une exception qui doit être cachée , afin de ne pas aller de pair avec la règle.

{Journal de Paris, du 10 thermidor an vi. — 38 jiiilkt 1798.)

CRITIQIJB DU CALENDRIER {répubUcoin).

En oe qae les oomidet mois ne répoodeot à la saison quMIs doivent désigner, qaVn France, et t|U*en d'autres cliinaU floréal est le mois des neiges (i ).

Une lettre de Palerme , insérée aujourd'hui dans un papier public , fait sentir un inconvénient de la dénomination donnée par le nouveau calendrier de la république aux douze mois de l'année. 11 est évident qu'elles ne peuvent être justes pour le nord et le midi de l'Europe, qu'elles n'y répondent point à l'état des saisons, qu'elles ne peuvent même qu'y paraître ridicules. La lettre de Palerme commence

{Note de l'éditeur.) Je puis ajouter pour le midi de l'Europe, notamment pour TÉtat romain, que les moissons y sont généralement terminées vers le milieu de mai , sans attendre jamais que le mois de messidor soit arrivé.

ainsi : a Laissez donc votre nouveau calendrier « en écrivant à un habitant de Sicile. Quand j*ai « ouvert votre lettre de frimaire, j ai cru qu'elle a arrivait d*un autre monde. Il serait tout aussi a aisé d'accommoder le régime Spartiate aux a mœurs de ce pays-ci que le calendrier frana çais à son climat. Imaginez que, dès le mois a de novembre, que vous appelez /hmatr^, a nous mangeons déjà des oranges et des figues « parfaitement mûres.... En floréal, il n'y a « plus de fleurs en Sicile, et la constante séa cheresse de l'air devient très-difficile à supa porter, etc. »

La division du temps est une de ces institutions qui doivent être communes entre toutes les nations, comme devraient l'être les poids et mesures, pour faciliter leur commerce , et ce qu'on peut appeler la société humaine. Par une conséquence naturelle du même principe, les dénominations de chacune de ces divisions devraient, sinon être les mêmes, du moins avoir leur équivalent dans toutes les langues. '

(Journal de Paris, du 3 floréal an vni. — 22 avril 1800.)

LE ROI D^ANGLETEBRE

ET SON VALET DE CHAMBRE BABBini.

Le duc de Cambridge venait d'arriver.

L'heure de faire la barbe à S. M. était venue. Les princes de son sang étaient rétmis dans son cabinet de toilette pour enfeiidi*e le récit des exploits du duc de Cambrige. — Waht, Waht, dit Sa Majesté, ces coquins de Français sont entrés dans l'Hanovre ! — Non-seulement, Sire, ils y sont entrés, répond le duc de Cambridge, mais ils m'en ont fait sortir, avec votre puissance, votre autorité, vos lois ; tout cela vient de passer la frontière, et votre armée est sous le séquestre dans un petit coin de votre électorat. — Waht, Waht, les puissances du continent (si puissance il y a autre que la mienne) ne souffriront pas cela. Le

traité de Lunévillel En ma qualité d'Altesse

Sérénissime Électorale de Hanovre, je suis en paix avec la France; mon Électorat est garanti par tous les autres! Comme électeur de Hanovre, je suis un des meilleurs amis du grand consul. — C'est vrai , mon cher papa.

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dit le duc de Glarence/ comme électeur de Hauovie, vous n'avez jamais dit de mal du grand consul. Aussi toute PEurope sera indignée. — Il est certain, dit S. A. le duc de Cumberland, que, même étant en guerre comme roi de la Grande-Bretagne, vous étiez en droit; conmie électeur de Hanovre, d'aller tranquillement vous promener aux Tuileries, au bois de Boulogne, au bois de Vincennes , de pousser même jusqu'à Charenton. On n'aurait pu troubler vos promenades sans blesser le traité de Lunéville, le droit des gens, et même le premier consul n'aurait pu, sans injure, se refuser à l'honneur de vous donner des fêles et de vous mener dans sa loge à l'Opéra, pendant que vous auriez pris les navires du commerce français. — Le duc de Cambridge interrompit ici son frère et dit : — Quoiqu'il me convienne très-bien, à moi qui n'ai pas abusé de la force des armes , d'invoquer la force des traités et du droit des gens, j'ai pourtant quelque doute à proposer à Votre Majesté sur l'opinion de monsieur mon frère. J'ai peu agi , mais be^tucoup réfléchi, etc.... — Au fait, au fait ! mons

de Cambridge, s'écria S. M. — Au fait. Sire, reprit le Cambridge, quand S. A. Électorale d'Hanovre fait faire une levée en masse , quand elle met une armée de vingt mille hommes en activité , quand elle donne à cette armée un général de ma force, précisément au même moment que S. M. le roi d'Angleterre déclare la guerre à la France , il parait bien que l'électeurd'Hanovreaau moins des intelligences avec le roi d'Angleterre...... — Waht , Waht, dit le

roi, j'ai déclaré que j'étais neutre de la main gauche quand j*attaquais de la main droite ; et une preuve de la neutralité de ma main gauche, c'est que je t'avais chargé d'en faire la fonction... (Ason valet de chambre.) Allons ! qu'on me fasse la barbe. — Le valet de chambre savonne S. M., et le duc de Cambridge répond à S. M. — MoD papa , Y. A. Électorale me dit des injures, j'en appelle à V. M. Britannique, et je dis que les Français ont bien pu appréhender rélecteur d'Hanovre d'après ses préparatifs. N'est-il pas connu que V. Majesté Britannique a pour principe de conmiencer la guerre avant de finir la paix, et même de méditer la guerre quand elle fait un traité de paix !.... ~ Ah! co^

quin! (Le roi s'échauffe et s'emporte.) Ah! misérable ! toujours tu confondras la tête et les

principes du roi d-Angleterre avec ceux de l'électeur de Hanovre.... Oh! je veux te faire voir... — Ici le roi s'agite de telle manière que son valet de chambre lui fait une estafilade à la joue droite.... S. M., tout en sang, se lève, et, s'armant de son fauteuil , veut assommer le barbier. Le duc de Cambridge se jette entre deux avec courage.... — Mon cher père, dit-il, à la fin vous allez trop loin. Je ne souffrirai pas que cet homme essuie la colère que je vous cause ...—Ah ! Monseigneur, s'écrie le barbier, fidèle àson emploi, laissez-moi du moins essuyer la barbe de S. M. — Non, répond fièrement le duc, je te défends d'en approcher. — Mais, dit le barbier, S. M. n'est rasée que d'un cêté ! — C'est assez ; ton office est rempli. Là finit ton devoir.... Tu viens de raser le roi d'Angleterre; les Français ont rasé l'électeur d'Hanovre : retire-toi. .. — Le barbier se retire. Les frères sont ébahis ; le roi suffoque de colère... Heureusement arrive alors un message des ministres ; ils requièrent S. M. de quitter à l'instant Windsor, de se rendre à Londres où ils ont besoin de lui. Le roi obéit et part. En entrant au conseil il dit : — Messieurs, vous serez étonnés de me voir rasé d'un seul côté; je

dois vous expliquer — Quoi, Sire, dit

M. Addington, vous êtes donc épilé de l'autre! — On attend avec impatience le résultat du conseil.

{Journal de Paris, du 30 prairial an xi. — 19 juin 1803.)

(Note de l'éditeur ^) L'article suivant est sans date, mais j'ai la certitude qu^il est du temps du consulat. Je n'ai rien trouvé qui pût expliquer cette mystérieuse allégorie. Peu^ètre que quelques recherches dans les événements de cette époque en donneraient la clef.

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