PARAGRAPHE HUITIEME
EXTRAITS RAISONNES D'OUVRAGES QUI ONT PARU DE 4795 A iSOi.
AUX AimVBS ou JODBlf AL DB FABIS.
Paris, le 29 pluviôee, l*dn m de la république.
Citoyens^
J'achète le Rapport de Courtois sur les papiers trouvés chez Robespierre. J'y vois à la page 443 une lettre ainsi intitulée :
Lettre du citoyen G**" à Robespierre; Paris, le 48 juin, an II de la République, etc. G**% rédacteur en ehff de Carticle Convention nationale du Moniteur au citoyen Robespierre.
Je laisse à d'autres le soin de qualifier cette lettre et son auteur ; mais je me crois obligé de déclarer publiquement qu'elle n'est point de moi.
J'étais alors rédacteur du Moniteur, mais pour tout ce qui était étranger à la convention nationale, et je n'ai jamais eu d'influence sur cette partie.
Dans cette lettre, on se vante d^avoir éclairé l'opinion sur la révolution du 2 juin ; et à cette même époque, dans les séances de la Commune, qui m'étaient impérieusement envoyées au nom de Pache et de Chaumette, je retranchais obstinément , au péril de ma tête, tout ce ijui était en faveur de celte journée ; et dans
la Feuille villageoise, dont j'étais alors seul auteur, j'osais, seul peut-être de tous les gens de lettres en France, proclamer qu'une assemblée influencée par la force des armes n'avait point fait, n'avait point pu faire de lois; que tout ce qu'elle avait fait dans cet état était nul, et n'enchaînait ni elle-même ni le peuple qu'elle représente, et que tout citoyen pouvait, la Déclaration des Droits à la main, refuser d'obéir. (Voy. troisième année de la FeuiUe villageoise, n'» 40.)
Cet honnête et infortuné Rab^ud, dont on ose parler avec mépris, éta(t mon ami; nul n'a donné plus que mol de regrets à sa perte, nul n'a rendu, alors et depuis, de plus hauts témoignages à $63 talents, à son patriotisme, h ses vertus.
Enfln, l'on dit qu'on va changer de rédacteur pour la partie politique; et, quoiqu'il y eût un rédacteur particulier pour la politique, c'était moi que l'on désignait ainsi ; et fatigué d'une lutte trop inégale, que j'avais soutenue pendant plus de deux mois, je me retirai en effet, non sans emporter avec moi la certitude de la haine de Robespierre, et de son frère, et de sa horde, qui m'a depuis atteint, incarcéré et tenu sous la hache pendant quatre mois.
Voilà, citoyens, ce que je crois nécessaire
HISTOIRE CONTEMPORAINE
de t-endre public^ et ce que je vous prie instamment d'insérer sans délai dans votre journal. GiKGVkKB , a(/joinl à la commisnon executive de finstfvclioH publique.