‹ Œuvres du comte P. L. RœdererChapitre 33 sur 208 · SES MCEURS, SON CLIMAT, ETC · texte numérisé non relu

SES MCEURS, SON CLIMAT, ETC

lions commencées ou résolues. Lorsque je considère la satisfaction que Votre Majesté doit reUrer du souvenir de son ouvrage, et l'utilité dont ce souvenir peut être pour le pays soumis maintenant à sa bienfaisante autorité, il me semble que l'honneur que j'ai eu de participer à l'exécution de vos volontés, et la reconnaissance, me font une loi de rassembler tous les éléments de ce tableau, et de les mettre sous les yeux de Votre Majesté (1).

L'empereur ne peut mieux connaître que par vous. Sire, tout ce qu'il peut lui importer de savoir concernant cette partie de son empire.

Votre successeur môme ne peut avoir un guide plus sûr dans la recherche des vices et des abus de l'administration, et des améliorations dont elle est susceptible.

Enfin, le pays même ne peut être mieux informé de tout ce que demandent ses vrais intérêts, que par celui qui en a fait une si constante étude, et qui a porté dans cette étude les lumières les plus sûres et les affections les plus paternelles. Vos connaissances et vos vues pour ce pays sont un des heureux produits du pays même, qui doivent y retourner, qui sont une de ses richesses propres, une de ses propriétés. Si Votre Majesté les eût écrites , son autographe serait réclamé dans tous les temps, dans tous les pays, par le royaume qui les a inspirées. Quand on sait qu'elle les porte dans son esprit, il semUe qu'on a le droit de désirer au moins qu'elle les écrive.

En faisant la conquête -d'un royaume dont vous alliez occuper le trône , votre première pensée a dû être qu'il fallait rendre forte une nation qui vous avait mal résisté; et cette pensée, fort éloignée du romanesque, a naturellement amené celle de rendre la nation napolitaine laborieuse; car c'est le travail qui donne du nerf et du bonheur aux nations, et c'est le bonheur qui fait servir la force à la conservation de TÉtat.

( 1 ) (Noie de Védïlmr.) J*ai déjà dit que Touvrage annoncé ici n*avait point été terminé. Ce morceau, et quelques-uns de ceux qui suivent, sont extraits des matériaux qui avaient été préparés par mon père. Ce sont les seuls fragments qui présentent quelque ensemble, a

BUT QOI 8*I8T MIOPOSÉ Ut BOI ; OBIBTS QV'A MT SB PB0P08BB, BN CONSftQUEIfCB, l'aMOHUTBATIOII DBS FINANCBS.

De re^^ de détaU;

des ikéories;

de VesprU de méthode.

Il est devenu ordinaire de regarder comme vulgaire un ministre qui, dans son travail, aurait de la méthode, des principes, et de la connaissance des détails. Et, malheureusement, il n'y a rien de moins vulgaire que la réunion de ces avantages. Des ignorants tranchants ont appelé les hommes qui en sont doués: ou des théoristes et métaphysiciens, ou des praticiens minutieux, et des commis de bureaux. S'élever ainsi au-dessus des ministres et planer si haut par-dessus les ministères, est devenu vulgaire depuis la révolution, parce que, la violence plus que le savoir étant nécessaire en temps de révolution pour faire marcher les affaires, il n'est pas un homme énergique (\\A ne se soit cru en état de faire un excellent ministre.

Malheur à qui se noie dans les détails ! mais malheur à qui les ignore !

Il y a des gens qui parlent de la méthode dans le travail, comme de la symétrie dans les jardins français. Et comme ils veulent qu'on suive dans les jardins des allées tortueuses et qu'on cherche des aspects de fantaisie , ils veulent qu'on marche dans les affaires suivant les caprices de l'esprit ou de la paresse; ils appellent cela l'allure du génie.

Honni soit le pédanUsme qui professe les doctrines dans les affaires ! mais honni soit mille fois le ministre qui va sans principes, soit qu'il les ignore , soit qu'il les méconnaisse 1

Dieu nous préserve de ministres qui ne sont plus à eux, pour qui tout se confond lorsque les choses ne sont pas à la minute , lorsqu'im rouage se dérange ! mais, loin de nous ceux qu ne connaissent pas l'art de ménager le temps , Pespace, les hommes; d'imprimer un mouve* ment régulier aux affaires, d'y assujettir les subalternes, et de savoir toujoiurs ce qui se passe aux plus longues distances de lieux et de fonctions!

Il s'agissait, pour moi, non pas d'administrer les finances , mais de fonder Tadministration ; il fallait, pour fonder, connaître les hommes et les choses :

96 NOTES ÉPARSEâ SUR LE

Leâ choses^ parce qu'elles sont ou fournissent la matière de Timpôt ;

Les hommes, par deux raisons et sous deux rapports : parce que ô'est à des hommes qu^on demande les choses, et parce que c'est par des hommes qu'on les deitiande et qu'on les exige; et, enfin, parce que c'est par des hommes qu'on multiplie les choses^

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