‹ Œuvres du comte P. L. RœdererChapitre 57 sur 208 · GARAT · texte numérisé non relu

GARAT

Élocuiiun, — Nous déplorions^ à un souper où était M. Garât , la difficulté que bien des gens avaient à s'énoncer dans la conversation : J'ai connu des gens , dit M. Garât ,àquile don Je la parole était tellement refusé, que non^ seulement ils ne disaient jamais tout ce qu'ils voulaient dire, mais même que souvent ils di' saient le contraire. Dans mon pays, ajouta-til, fai beaucoup vécu avec un chirurgien, homme de beaucoup d'esprit et de mérite, possédanl son art dans la plus grande perfection... Eh bien/ cet homme parlait si mal, qu'il ne pouvait jamais faire entendre sa pensée... Ici M. Garât s'arrêta un moment; puis, reprenant avec beaucoup de sang-froid et de réflexion : £t ce qu'il y avait, dit-il^ deparliculier dans cet homme, c'est ce qu'il écrivait de mêm^, — Nous éclatâmes tous de rire à ces derniers mots , et nous fûmes un quart d'heure à rire avant que M. Garai eût compris qu'il venait lui-même de nous donner lexemple d'un

homme qui disait le contraire de ce qu'il voulait dire.

Pendant l'assemblée constituante, on parlait devant Garât des menées de la reine : Quoi! répondit-il, vous croyez qu'elle serait insensible aux beautés de la constitution ?

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