‹ Œuvres du comte P. L. RœdererChapitre 58 sur 208 · MADAME DE GENUS · texte numérisé non relu

MADAME DE GENUS

LRTTaB DB MADAMK DK GK1ILI8 EN FAVEUR liVS

■oniB OUI SArr a mimb ums bt Aciiiiib.

Supposé qu'il n'y ait point de place à donner à cet homme^ madame de Genlis m'invite à en. inventer une, c'est-à-dire à trouver le moyen de faire payer par le roi , ou plutôt par le peuple, un homme inutile! Et puis, fiez-vous aux auteurs qui déclament contre l'abus de la faveur, et contre l'abus des deniers publics, et contre les ministres qui ruinent 1rs finances pour plaire aux femmes! J'ai succombé au désir de plaire à madame de Genlis (parce que la reine s'est mise de la partie (I) ). M... a été placé. — Voilà pourtant à quoi on est exposé quand on a dans sa vie une occasion de communiquer directement ou indirectement avec madame de Genlis.

LBmiB DB HADAMB DE 6Biai8.

a Je sais , monsieur, vos bontés pour M. . . ; je dois avant tout vous remercier de cette bienveillance , qui m'est d'autant plus précieuse que je la dois à Tamitié de madame Rœderer. Ce témoignage d'intérêt ne saurait être infructueux pour l'honnête homme qui l'a reçu. [Il n'y a point de place! Eh bien , monsieur, inventez donc quelque moyen d'employer utilement le mérite modeste et la vertu malheureuse ! Pardonnez cette sollicitation qui serait étrange avec tout autre ; mais il me paraît simple de vous demander une chose qui ne soit pas commune ; il est, du moins, naturel de l'attendre de vous.

0 Le vif et tendre intérêt que je prends à mad... et à son intéressante et charmante fa-

(1) [Note de VédUetir.) Voir dans ce volume les lettres de la reine Julie des I8 mai cl 9 juillet 1807. Ceci est écrit à Naples.

mille me ferait attacher un prix inestimable à cette gr&ce.

c Daignes, monsieur^ me pardomier cette importunité, et ne pas douter de ma recon* naissance.

«J'ai l'honneur d'être, monsieur, votre très- humble et très -obéissante servante. — ^^ D. GniLis.

« 13 février 1807.»

Fragment,

... Ses personnages principaux sont tous des caractères forcés ou manques. Alphonse n'est qu'un jeune homme très-ordinaire. Herminie est une Heimione, une amazone, une fanfaronne; elle prend toujours un parti extraordinaire, y tient comme un homme d'État à un coup d'État, etc.

Si les personnages principaux sont mauvais, il faut convenir que les accessoires, dont on ne montre que les dehors, sont bien peints.

Le talent de madame de Genlis a été jusqu'à bien peindre quelques profils ; elle n'a fait que des caricatures des personnages qu'elle a voulu peindre de face et en attitude.

L'action est aussi désordonnée que les personnages sont bizarres : on passe tout son temps sur les grands chemins. Les événements marchent à coups de fouet de poste. Il faut avoir la carte générale de France pour suivre les acteurs et l'action.

Cette action, ou plutôt ce mouvement, prend tant de temps, qu'il n'y a rien pour les développements. Jamais on ne s'acrète sur une situation : rien qui en tire ce qui doit en sortir ; pas un trmt d^àme. Madame de Genlis est toujours à côté de ses acteurs, comme un conducteur de diligence pressé qui dit : Allons, dépêchons^ partons; il faut arriver chez mon

libraire.

Suivant madame de Genlis, Bellegarde, Grammont et Bassompierre lisaient alternativement à Henri IV le manuscrit de VAstrée du marquis de d'Urfé, qui n^était pas encore imprimé, et dont il accepta la dédicace. (Histoire de Henri le Grand, tome 11, page 367.)

Madame de Genlis se trompe, le premier volume de VAstrée avait paru depuis quelque temps quand Bassompierre le lisait au roi :

c Nous lui lisions, dit Bassompierre ^ le livre de YAsîrée^ qui lors était en vogue. » (Mémoires de Bassompierre, tome I, page i44.)

(NoU de l'éditeur.) Vérification faite dans le Manuel du lUfrairc de Brunet, les trois premières parties de VAstrée^ dédiée à Henri lY, ont paru en 1610. — Henri IV est mort le 14 mai de la même année; par conséquent ce pouvait être sur l'édition imprimée, que la lecture se faisait. ,

Page 1