‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 2)Chapitre 315 sur 406 · ROS£LI · texte numérisé non relu

ROS£LI

[ais, comme les miroirs, ils peuvent être faux, t sous de beaux crayons nous montrer nos défauts; el dira bien souvent qu'un bel œil le consume , |ui n'eut jamais d'amour, et flatte par coutume.

AXCANDRÉ, à part.

gréable combat! que tu m'es important!

iel! qu'ai-je mérité, que tu m'assistes tant?

LE ROI

ins rechercher, mon cœur, ces répliques frivoles, u me peux repartir avecque deux paroles ; is, l'amour m'a blessée, et ses traits me sont doux, [ais ils me sont venus d'un autre objet que vous; ^ que tu n'aimes pas d'une façon commune t que tu ne veux rien donner à la fortune , |u'il te faut mériter afin de t'acquérir, lie tu veux qu'on te blesse avant que de guérir. umis de tes discours cette frivole crainte , abhorrerais un bien qui vient de la contrainte ; e parlant du brasier que tu ressens si peu , B n'est pas en un fort que je porte le feu; ! n'ai pas résolu d'embraser une ville , Il n'agit pas ainsi dans l'esprit d'une fille: >ur la brûler d'un feu si plaisant et si beau , feiut qu'elle y consente, et tienne le flambeau. ais je prolonge trop un discours qui te gêne; iieu, songe à serrer ou dénouer ma chaîne; itime, cependant, que tous mes feux sont saints, t que c'est à l'hymen que tendent mes desseins.

(Uwrt.;

46a L'HEUREUSE CONSTAMCE,

ALCANDRE, à Rosélie.

Voilà vous assaillir de ses plus fortes armés; Vous proposant l'hymen , un sceptre a bien des charmes : Voilà bien de quoi mettre un esprit en souci; L'amour est. bien puissant, mais la fortune aussi. Mon frère a reconnu le naturel des femmes; Il sait par quel moyen on peut toucher leurs âmes : Madame , c'est beaucoup que d^épouser un roi. Et que de voir un monde obéir à sa loi.

ROSJËLIE.

Ne présidé-je plus à votre âme asservie?

Dieux ! par quel accident Êtes-vous devenu , chère âme de ma vie , De son rival son confident?

ALCAKDRE.

Et par quel accident l'éclat qui l'environne,

Ne peut-il. vous toucher?

Si l'amour vous peut faire haïr une couronne, Il est un dangereux archer.

ROSl^LIE.

Ah! ne me laissez point en cette crainte extrême,

Ne songeons point au roi; Le dessein qui vous fait parler contre vous-même Me feroit armer contre moi.

ALCANDRE

Il a pris votre cœur, il y met son image,

La mienne en doit sortir; Et je vous l'aime mieux conseiller par courage, Qu'avecque honte y consentir.

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