SCÈNE IIL
ORAZIE seule.
Qu'une étrange manie a troublé ses esprits!
Il a tout fait trembler en Thumeur qui Ta pris
Avec un autre fou , dont l'aveugle assistance
L'a tiré de nos mains et de notre puissance;
Il rendra ce poinçon à l'aimable beauté
Dont les perfections ont son cœur enchanté.
Que je la reprendrai de vivre de la sorte ,
Si je trouve quelqu'un qui me montre sa porte!
£t qu'elle a peu d'égard à l'infâme renom
Qui ternira sa gloire et tachera son nom!
Ses vertus paroissoient un miroir de notre âge,
La même modestie est peinte en son visage ,
Et je ne croyois pas que , sans aversion ,
On la pût accuser d'une lâche action.
Cependant nos maris lui donnent des visites ;
Elle reçoit leurs dons, et souffre leurs poursuites;
Le mien est si touché de cet objet charmant,
Qu'avec ce qu'il me vole, il perd le jugement.
Dieux! qu'Ergaste à propos à mes yeux se présente l
Il me peut faire voir cette indiscrète amante,
Et je l'allois chercher pour cette occasion.