‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 3)Chapitre 135 sur 428 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

FLORONDE, sous le nom de Ltsanor ;

CLÉANDRE

GLÉANDBE, VembrosscuU.

Beine de mes désirs , doux charme de mes sens , Umort a respex^té vos attraits innocens; Vous vivez, ma déesse!

LTSANOR.

En cet excès de joie, ' Je doute que je vive, et que je vous revoie. Onde, sois révérée; astres, soyez bénis; £t qu'enfin nos destins soient pour jamais unis.

CLÉANDRE

[ Que le sort désormais arme toute l'Épire , ^' Qu'il expose à mon bras quelque chose de pire, [ Que n'exécuterai-je avec ce beau second, Et de quel ennemi ne pâlira le front?

Mais, ô divin sujet de mes secrètes plaintes, Quelle vaine raison vous oblige à. ces feintes? Quel important dessein , quels sujets si secrets Nous font tromper la reine et feindre ces regrets?

LTSÀNOR.

Eu deux mots seulement apprenez ce mystère : \ U reine, qui vous aime, a tramé cette affaire; I On a cherché quelqu'un échappé du danger ,

Qui de ce faux rapport la voulût obliger;

Où ne trouva que moi, j'engageai mon service;

( Montrant des diamans et de Tor.)

£t pour tous ces présens , je lui rends cet office.

CLÉANDRE

Mais nous lui conservons d'inutiles ennuis?

LYSANOR.

Il m'était important de celer qui je suis : Contre elle et contre nous la guerre est déclarée ; Et voyant son amour par moi désespérée, Afin de détourner ces mortels différens , Elle nous eût livrés aux mains de mes parens. Qu'importe que la haine ou l'amour la» possède , Puisque nos maux enfin ont trouvé du remède ?

gl:éandre.

Quelle joie est pareille à mon contentement r

LYSANOR.

Soupirez toutefois , feignez adroitement.

Mais voyons le palais , et dans ces galeries Allons entretenir nos douces rêveries; Et si quelque rencontre interrompt nos propos , Soupirons , plaignons-noûs , et pleurons à propos.

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