‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 3)Chapitre 136 sur 428 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

SALMA.CIS; FhOKQiSDE , sous le nom de Ltsanor.

SALMAGIS.

Confesse, Lysanor, que ce cœur insensible Aux attraits de l'amour est bien inaccessible. Que caresses ni vœux ne le peuvent toucher, Et (jue je perds du temps à combattre un rocher.

LTSANOR.

Tai sondé son esprit, et je vous ai dépeinte Le cœur navré du trait dont vous êtes atteinte; Tai décrit vos soupirs et figuré vos pleurs: Mais il n'est indulgent qu'à ses propres douleurs; Floronde est l'entretien de toutes ses pensées; Sur cet unique objet elles sont exercées; Par sa modeste humeur il se défend d'amour; Il dit que pour vous plaire il quitteroit le jour, Qu'il vous souhaite un soH égal à son envie, Et qu'il est à vos soins obligé de sa vie; Mais qu'attendre des vœux de votre majesté, Il devoit être exempt de cette vanité.

aoo L'HEUREUX NAUFRAGE,

SALMAGIS.

Cette jeune beauté dont il aima les charmes Eut-elle des appas dignes de tant de larmes?

% LTSANOR.

Je doutois qu'elle pût lui plaire seulement ,

Et je voudrois servir un objet plus charmant.

Je croyois, entendant ses vœux et ses promesses, ,

Que sa dignité seule attiroit ses caresses,

Qu'il aimoit sa grandeur, et que sa passion

Tenoit moins de l'amour que de l'ambition.

SALMACIS. f

L'amour qu'elle eut pour lui fut-elle violente ?

LYSAWOR.

Extrême , incomparable , et pourtant innocente : Jamais par les appas d'un discours suborneur Ce discret amoureux n'assaillit son honneur.

SALMACIS

Travaille constamment à mettre dans son âme Des dispositions à recevoir ma flamme.; Continue ardemment tes soins officieux; Figure mes ennuis, peins-moi les pleurs aux yeux; . Et crois que tu t'acquiers une amitié si fprte, Que je te servirois en tout ce qui t'importe. Voilà ce doux tyran des yeux et des esprits. Dieux! que ce froid maintien me prédit de mépris!

V "ACTE Itl, SCÈNE II. ioi

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