‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 3)Chapitre 137 sur 428 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

CLÉANDRE, SALMACIS; FLORONDE, sous le nom de Ltsahor.

8ALMAGIS.

Ixhej trêve, Cléandre, à ces douleurs amères; Pensons à détourner nos communes misères; Elevons nos pensers au-dessus de la moi;t ; Faisons troubler Tenfer, et la Parque et le sort ; Foi les seuls appareils d'une force infinie Envoyons la frayeur au camp de T Albanie ; Et signalons nos bras par de si grands exploits, Qoe tout le monde un jour nous demande dés lois.

CLÉAlfDRE.

Quel astre conduira le sort d'un misérable, Et ne rougira pas de m'étre favorable ? Le ciel se plaît à voir tous mes desseins faillis ; De ses plus rudes traits mes jours sont assaillis; Il m'a parens, et biens, et maîtresse ravie,

IEt, pour comble de maux, il me laisse la vie; Quel astre, en cet état, contre l'arrêt des cieuz Peut seconder mon bras et m'être officieux?

SALMACIS

Saivons, suivons le cours d'une immortelle gloire, ' Et bannissons des morts l'importune mémoire ; Etouffez au besoin ces soupirs superflus; Qu'importent ces regrets à celle qui n'est plus ?

Comme ma perte, hélas! ma peine est sans seconde. Mes regrets cesseroient, et j'oublîrois Floronde!

2<n L'HEUREUX NAUFRAGE,

O barbare dessein! Tu sais, cher confident, Dernier bien qui me reste en ce triste accident. Tu sais quelle union assembla nos deux âmes. Tes yeux furent témoins de nos fidèles flammes; . Toujours ta confidence entra dans nos secrets, Et tu pris toujours part en tous nos intérêts : G>nte de quels attraits Floronde fut pourvue, Et combien sa mémoire est chère à qui Ta vue.

LTSA^OR.

Si vous me permettez de parler librement, Chaque maîtresse est belle aux yeux de son amant: • Mais pour moi, qui la vis d'un œil d'indifférence, La moindre en mon estime eût eu la préférence; Un autre eût été libre, où vous avez aimé ; '

Et Floronde , en un mot , ne m'auroit pas charmé.

CLÉANDKE^^ignant de tirer son épée.

Souffrez qu'en la fureur dont mon âme est atteinte Je force du respect l'importune contrainte: Madame, permettez

SALMACIS

Non, calmez ce courroux. •

GLEANDKE.

Le traître est sans respect pour des charmes si doux! Tu vis sans l'adorer ce soleil d'Albanie! Et ta confession à ses attraits se nie !

LTSANOR.

Il ne fut jamais charme égal à sa beauté ; Elle fut un soleil , une divinité , De la terre et du ciel l'espérance et l'envie ; Et pour la posséder les dieux vous l'ont ravie.

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