ACTE IV, SCÈNE II
CLÉANDRE
ITachève point, et plutôt, mon souci , iditons un moyen de nous tirer d'ici.
1 sais les passions qu'en cette cour excite 3 malheur qui me suit, plutôt que mon mérite ; t, toujouré refusant comme toujours pressé , i crains un triste effet d'un amour offensé, di reine peut enfin relever son courage, i d'une extrême amour faire une extrême rage ; )e jeune et doux tyran de notre liberté )*eii&nt est un Kon quand il est irrité. Qu'enfin le démon que TEpire révère , i bit tomber son sceptre en la main de ton frère , ^ que vos cœurs sont joints d'une étroite amitié , forçons notre malheur , implorons sa pitié. 5n voici le moyen : il faut prier la reine )e soufifirir qu'un duel tire elle et nous de peine , Kelle envoie un héraut , et qu'il me soit permis )^appeler le plus fier du camp des ennemis ; Kà l'autre le plus fort fasse mordre la terre , ^ que ce seul combat achève cette guerre. Ht prière obtiendra tout l'aveu qu'il nous faut, Kt de ce feint appel tu seras le héraut ; Tes yeux en ce besoin te fourniront des larmes , Qtti de la main du roi feront tomber les armes; Ta feras à ce prince avouer notre amour, Et nous nous tirerons de ce fatal séjour.
LYSANOR.
U suffit ; quelque effort dont son bras te menace , *e ferai ma douleur si digne de sa grâce, Qu un agréable effet suivra notre dessein ,
Et que j'amollirois un rocher en son sein. Sus donc , exécutons cet avis salutaire : Va disposer la reine à cette heureuse affaire; Et souffre que je rêve une heure seulement. En attendant son ordre et son commandement*
( Cleandre sort. ) LYSANOR, seul.
Donc ce vieillard affamé
Qui vit de, ce qu'il engendre ,
D'un prince si renommé
N'a fait qu'un monceau de cendre.
Donc on ne peut éviter Le^ avares mains des Parques, Et ni sujets ni monarques Ne leur peuvent résister.
Digne objet de mes douleurs.
Triste auteur de ma naissance , Si deux fontaines de pleurs Peuvent laver une offense,
Mes yeux m'en vont fournir. Dieux ! ne puis^je unmom En ce comble d'ennuis soupirer librement?