SCÈNE VI
GLEANTHE, ACRANTHE, ALCANDRE, SALMACIS, CLÉANDRE, FLORONDE, LA NOURRICE, LE CAPITAINE DES GARDES, ARCHERS, TnoMPETTEë.
(Les trompettes tonnent de ebU et d'autre. )
GLiAHTHE, abordant la reine.
Confus y charmé, ravi, souffrez que mon silence I De mon afTection prouve la violence , ^ Et que ces yeux vainqueurs, espoir de mille rois, ITôtant la liberté m'ôtent aussi la voix: La paix chasse mes gens , et vos terres sont calmes ; Hais de vos seuls attraits elles tiennent leurs palmes ; Eux seuls nous ont vaincus : tout leur cède , et ces lieux ITont point de force égale à celle de vos yeur.
SALMAGI8.
Vous réduisez au point de n'oser se défendre , Et, d'une sorte ou d'autre, enfin il se faut rendre; A ma défaite aussi mon intérêt est joint , Et ma gloire dépend de ne repartir point. Mais quel est mon bonheur , et quelle est cette peine Que vous prenez , monsieur , pour une indigne reine ^ Puis-je trop estimer ce bien inespéré.
Et trop bénir le ciel qui me l'a prociuré ?
CLiAVTHE.
Je vous suis obligé du favorable asile
Que Cleandre et ma sœur ont eu dans cette ville;
Un prospère succès couronne leurs amours ,
Et je consens au nœud qui doit joindre leurs jours.
Mais mon propre intérêt, plus que le leur, m'amène
Implorer le succès d'une attente incertaine.
Dieux, que jugerez-vous de ma témérité?
Pose dessous vos lois ranger ma liberté ,
Et souhaiter l'honneur d'un heureux mariage
Qui sous un même sort nos deux sceptres engage*
SALMAGIS.
Sachant votre mérite, un jugement bien sain Ne doit point consulter sur un si beau dessein.
GLIÉANTHE.
O favorable jour sur tous ceux de ma vie ! Que mon sort est heureux!
FLOROWDE.
Que mon âme est ravie!