ACTE I, SCÈNE II
ruelle, ouvrez le sein où, vous croyez caché auteur de vos soupirs et d'un si noir péché. se, ce malheureux y qui s'offre sans défense , ohaite que sa mort prouve son innocence, idame, consultez seulement ces ruisseaux ; ^ de Y08 attraits sur le front de ces eaux ; tretenei cette onde , et n'apprenez que d'elle quand on vous a vue on peut être infidèle : «s verrez cet instable et perfide élément vos moindres regards calmer son mouvement ; s froideurs céderont au plus beau feu du monde; ur la seconde fois Amour naîtra dans Tonde, lel autre 9 ayant langui sur les fleurs de ce sein, orroit être distrait de son premier dessein ,
trouveroit ailleurs des beautés préférables IX célestes attraits de vos yeux adorables ? tlNise, si le ciel vous avoit un moment it prendre notre sexe et notre sentiment ,
que l'aveugle enfant qui sous ses lois nous range MIS eût offert le choix ou de Nise ou d'un ange, ne Nise auroit bientôt vos esprits asservis ! a'nn aimable transport tiendroit vos sens ravis ! ous connoitriez alors si ma constance est vraie , i vos yeux peuvent faire une légère plaie , tsi lé changement a des charmes assez W guérir les esprits que vous avez blessés.
NISE.
^ appas de ta voix me peuvent bien contraindre Vtvouer ton mérite et que tu sais bien feindre ; ■ais un sujet t'arrête en ce bord étranger , x^ prouve bien aussi que tu sais bien changer.
PAMPHJLE.
Cruelle , qu'espéré-je en ma triste défense, Puisque de mes raisons vous faites mon offense , Puisque vous employez pour accuser mes sens Le seul moyen qu'ils ont de paroître innocens? Tous savez que mes yeux moins que mon infortaiw Firent naître en Bélise une flamme importune ; Et le ciel est témoin que jamais ses transports N'ont eu sur mon esprit que de foibles efforts. Toutefois j'entendis que son âme étoit vaine Jusqu'au point d'assurer que je flattois sa peine; Même que de l'espoir d'un glorieux succès Son cœur entretenoit son amoureux accès , Et que sa vaine humeur, en cette frénésie, Recevoit pour faveur la moindre courtoisie. Nise, avouez ce point : votre crédulité Vous fit mal estimer de ma fidélité ; Et, quelque passion que l'on vous eût jurée. Je vis trop clairement votre humeur altérée. Ah ! que la feinte est vaine en un esprit jaloux I Vos yeux ne luisoient plus avec des traits si doux ; Vos sens , qui ne pouvoient forcer vos rêveries , Ne semoient plus d'appas à mes douces furies ; Je ne vous voyois plus le visage si sain ; Un linge plus serré me cachoit ce beau sein; Un voile injurieux couvroit ces tresses blondes, Vous n'aviez plus le soin de les friser en ondes. J'endurai toutefois ce sensible tourment, Et je ne m'en plaignis que des yeux seulement. Enfin je résolus , pour calmer cet orage , De donner quelques mois au plaisir d'un voyage; Plaisir! si, séparé de votre œil mon vainqueur |