‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 3)Chapitre 187 sur 428 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

FLORIMANT, CÉLIANE.

FLORIHANT.

ELQUE effort si puissant que fasse mon devoir , e puis y ma déesse, être froid et te voir : :Ut, quelque respect que ta rigueur m'oppose, mon âme aux enfers ou sur ton sein repose. pourroit s'abstenir en des accès pareils? i! veux-tu que je tremble auprès de deux soleils ? uiis que j^ai semé trop de pas et de peines , '• je ne dois plus voir mes espérances vaines, vois comme je brûle , et tu sais, mon souci, I si ton cœur est juste il faut qu'il brûle aussi : 10 soulageons un peu notre commune flamme ; ise dessus ta bouche évanouir mon âme , ne t'oppose plus aux innocens plaisirs i tes chastes beautés doivent à mes désirs.

(IllVinbrasse. )

icieux transports ! ma princesse ! mon ange ! ! qu'ici mon amour heureusement se venge , ({ue cette licence ^ après tes longs mépris , Tome IL 18

a74 LA CÉLIANE,

Donne à mes passions un agréable prix ! Rossignols , à l'aspect de ces charmes visibles , Témoignez que vos cœurs sont encore sensibles ; C'est de nous que vos chants doivent prendre des loi», Et vous êtes sans yeux si vous êtes sans voix. Ne craignez point ici l'embûche de Térée ; Son destin doit avoir votre âme rassurée : Après son lâche effort les dieux vous fartent doux; Et ce lascif n'est plus qu'un oiseau comme vous.

CIÈLIANE.

Je crains de ces discours une triste aventure.

FLOEIMANT.

Et quoi?

ClÉLIANE.

Qu'aimant leur voix vous n'aimiez leur natùf* Et qu'ici ma bonté ne me fasse obliger Un naturel comme eux peu sensible et léger. •

FLORIMANT. -

Quoi , vous suivez du ciel la fâcheuses coutume , - ^ Qui ne donne jamais de miel sans amertume; . s

Vous mêlez de l'absinthe aux douceurs que je sens; ;^ Un même instant est doux et cruel à mes sens? j Qui vous fait outrager une amitié si sainte ? ^

Et sur quoi fondez-vous cette jalouse crainte? ^ Mauvaise y vous pourriez si long-temps m'affliger | Que véritablement je deviendrois léger, J^

Que mon âme pourroit chez les ombres descendre, i Et ne laisseroit plus en ces lieux que ma cendre. |^

C£LIAN£. É

Quand on ôte à l'amour tout sujet de vieillir, ^

Que les moindres faveurs sont encore à cueillir «

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