‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 3)Chapitre 196 sur 428 · ACTE III, SCÈNE IL · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE IL

i*OD grave au-dessus : « Voici le monument ami détestable et d'un perGde amant. »

PAHPHiLE, h part.

au point que je crois que ton courroux s'apaise , lelle cruauté traverses-tu mon aise?

• • FLORIMAICT.

romps, infortuné, ces fâcheux entretiens;

t Êncile encor de rompre tes liens,

:er ces malheurs , et de rendre ton âme

nable sujet de ta première flanAie.

Te la fureur de ce brasier naissant ;

:e même brasier ne t'ctouffe en naissant !

le te rit, t*aime, te favorise,

d abord possible est odieux à Nise.

e fait , insensé*, négliger des moissons ,

aller sans espoir semer sur des glaçons ?

)ensée importune! faux titre de fidèle!

i charmé ce cœur , ne me parlez que d'elle ; respects d'amitié, folle crainte des dieux, de vos conseils ; les amans n'ont point d'yeux.

PAMPHiLE, à part.

ïtte occasion , ciel , enfer , destinée , \\ se portera mon âme infortunée ?

FLORIMAITT.

que résoudrai-je en l'état où je suis?

remède assez prompt finira mes ennuis?

PAHPHiLE, se montrant à son ami.

i que l'amitié qui régit ma pensée donne d'apporter à votre âme blessée ,

Et qui vous doit prouver la candeur de ma foi , En vous cédant un bien qui n'étoit dû qu'à moi. Quittez ce vain respect qui votre âme importuné. Etablissez votre heur dessus mon infortune. Adorez , Florimant , ce miracle vainqueur Dont les chastes attraits vous ont touché le cœur; Suivez ce beau dessein que le mien autorise, N'ayez plus de soupirs ni de vœux que pour Nisc, Et croyez que ce cœur tiendra plus chèrement D'être parfait ami oue d'être heureux amant. |j

FLORIMANT.

Quels ennuyeux démons ont trahi mes pensées

Et vous ont laissé voir mes flammes insensées? ^

Quelle fatalité vous cachoit en ces lieux,

Au point que je croyois n'être vu que des cieux?

Eh bien! vous connoissez par mon nouveau servante ,

Que de tous les amans je suis le plus volage,

Que j'ai terni l'éclat d'une sainte amitié ,

Que je mérite plus d'horreur que de pitié.

Oui , ce malheur me rend de vos vœux incapable .

Si vous m'aimez encor, vouç aimez un coupable,

Le plus digne de mort et le plus odieux ,

Qui jamais ait senti la colère des cieux.

Mais , cessant de m'aimer , conservez cette estime

Que je sais reconnoitre et détester mon crime ,

(Tirant un poignard.)

Et que le détestant , ce cœur qu'il a noirci A du courage assez pour se punir aussi.

( Pamphiie le retient. )

Voulez-vous conserver par cette résistance La même ingratitude et la même inconstance?

Page 1