‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 3)Chapitre 215 sur 428 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

FLORIMANT seul.

je bénis , Amour, la douce viotenee

tes aimables traits ont forcé ma défense , le je me repens de tous les vains propos

mon cœur t'accusoit de troubler son repos !

tu n'es point l'auteur de ces cruelles flarmmes ; oison des esprits , ce tyraft de nos âmes , nmemi des cœurs, ni cet enfant sans yeux trouble le repos des hommes et des dieux, i couvres de fiel les flèches de ta trousse , ' : pour nous rendre après notre flamme plus douce ; espoir seulement qui ravit mes esprits , b un peu de maux, m'est un trop digne prix.

3o6 LA CÉLIANE,

Je ne sais point d'objet qui me jJaise de mtney £t si c'est là t'aimer, je confesse cpie j'aîme. Mais avec cet amour je ris de tes dédains : '

Mon cœur n'est point sensible aui. traits dont tu te plaîiis ; Il a fort peu changé depuis que je t'honore ; J'oscrois bien jurer qu'il est entier encore; Je ne sais point d'ardeurs qu'il ne souffre aisément, Je ne cours point à l'eau pour cet embrasement. Que je sois libre ou non, ines fers sont invisibles, Et je ne les hais point s'ils ne sont point nuisibles. Je ne consulte point les rochers d'alentour ^ Je ne verse des pleurs ni la nuit ni le jour. Tu sais bien, Philidor, si j'en suis solitaire; " Alors que tu me fuis, tu vois si je m'altère. Je vois d'un œil égal ton mépris apparent ; Fuis-moi , recherchcHmoi y tout m'est indifférent : Les yeux de Céliane ont ton âme touchée ; C'est Tobjet de tes vœux, je n'en suis point fâchée; Si tu ne posscdois de si charmans appas , Je suivrôis ton humeur et ne t'aimerois pas.

PHILIDOR

Je n'ai point résolu d'oter rien à ta gloire. Ce que je ne crois plus up autre le peut croire: Je t'estimois jadis le phénix de ces lieux, Mais je ne te vois plus avec les mêmes yeux. Hélas ! quoi que j'accorde ou que je désavoue, Il doit peu t'impôrter qu'un aveugle te loue. Comment puis-je assurer si quelque objet est bean^ Puisque je ne vois rien qu'au travers d'un bapdeaar

JULIE

Tu retombes toujours dans ton errein: première- Quel bandeau te ravit le bien de la lumère ^

Page 1