ACTE III, SCÈNE IL
Et dan$ son vide obscur reproduit le chaos y
Que dç la détourner de son ferme propos.
Enfin, tout nurîntenant éciimant de colère,
A grands pas, la vofat rude et le regard sévère,
Entrant dedans sa chambre un poignard à la mam :
« A mon tour, a-t-il dit, je puis être inhumain;
A cette cruauté la tienne me dispense. »
La main haute à ce mot le barbare s'avance ,
Et l'ayant derechef pressée au nom d'amour
De recevoir ses vœux et se sauver le jour,
Au refus qu'elle a fait d'accoflapHr son envie ,
Il a porté le coup qui lui coûte la vie :
J'ai vu son sein ouvert , son visage a pâli ,
Et jusque sur mon front son beau sang a jailli.
RODOLPHB.
Et je ne mourrai pas !
O rage infortunée , Pernicieusie amour, et filte forcenée!
FEERAICDE.
Oyez de cet amour un merveiliéux effet :
Il déteste le meurtre aussitôt qu'il l'a fait;
A peine il l'a commis qu'un remords le possède ;
J'ai vu tomber se» pte«irs presqw aussitôt qu'Alphrède,
Entendu ses soupirs, et vu deux fois sa main
Prête de se porler contre son propre s^n. :
Il s'altère , se trouble , et sa douleur ests telle ,
Que plus mourant qu'Alphrède il tombe dessus elle ,
Pousse mille sangliots , mêle à soij samç ses pleurs-,'
Et de son teint mourant en arrose les fleurs.
Mais il n'empêche* pa«, quelque eflfort qu'il y fitsse,
J8<) LA BELLE ALPHRÉDE,
Que le lis ne palisse et TcDÎUet ne s'efface;
Il la conjure enfin , par le ciel , par son nom, ^
De daigner à ses pleurs accorder son pardon,. '^
Et la presse si fort, implorant cette grâce, ^ \
Qu'enfin elle répond d une voix foible et basie: %
ce Pardonnez à Rodolphe, allez briser ses fers;
Je bénirai la main qui m'envoie aux enfers,
Je perdrai sans regret la lumière et la vie.»
ce Oui, je promets , dit-il , d'accomplir votre aiw>
Elle , à ce mot , contente et lui tendant les bras.
Vaine ombre , est descendue aux rives de là-bas. •.
KODOLPHE.
O ciel!
FERRAITDE.
Ce n'est pas tout : le fils de ce barbare, Ayant su vos mépris pour un objet si rare, A cru que le sujet de votre changement Doit être quelque objet eucor bien plus charmant; ,: Si bien qu'ayant appris qu'elle est en Angleterre, * !^ Et croyant voir en elle une déesse en terre. Hier avec de grands biens qu'il se fait là porter, ■' Il partit pour la voir et pour vous supplanter. j
RODOLPHE, à Cléandre. . j
O cruel accident! Cléandre, au nom d'Alphrèdc, Au nom de cet amour à qui tout autre cède , Fais qu'un ingrat, un traître, accompagne ses pas; Témoigne-lui ton zèle et venge son trépas.
( Montrant son épée. )
Prends ce fer dont mes fers me défendent l'usage;
Mon crime joint ici la justice à la rage";
Force un peu tes liens , et fais tant qu'à tes mains