‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 3)Chapitre 257 sur 428 · ACTE III, SCÈNE IL 38i · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE IL 38i

Soit possible la mort du pire des humains. Voilà qui'de ses jours a terminé la course; ' •

Du sang qu'elle répand ce cœur seul est la source : Ses lâches trahisons , ses mépris criminels , La poussent en Thorreur des antres éternels.

GLIÊANDRE.

Le frivole discours ! Pour se priver de vie , ' Le meurtrier ne rend pas celle qu'il a ravie; Il peut en quelque sorte expier son forfait, Mais non pas réparer le débris qu'il a fait. De tous ses omemens Alphrède est dépourvue , Et mes yeux pour jamais en ont perdu la vue.

RODOLPHE

Tu juges bien, hélas! que conserver mes jours

C'est m' être plus cruel que d'en borner le cours; .

Tu sais que les remords sont d'assez fortes armes ,

Que le sang des ingrats plaît bien moins que leurs larmes.

Que pour les bien punir on ne les punit pas.

Et qu'un long repentir leur est un long trépas.

Tu veux , cruel , tu veux que son ombre sanglante ,

Compagne de mes pas, sans cesse m'épouvante;

Que d'un œil effrayé je voie à tout propos

Son beau sang de son sein couler à larges flots.

Et que sa triste voix m'accuse sans relâche

D'un mépris si barbare et d'un oubli si lâche !

Ses lis sont effacés , ses œillets sont déteints ;

Ses yeux sont des soleils , mais des soleils éteints ;

Et pour mon seul respect la mort étend ses glaces

Par tout ce beau débris des vertus et des grâces.

O vous! si quelque objet qui respire le jour

Pour mon sujet encore est capable d'amour,

38a LA BELLE ALPHRÈDE,

Voyez de quels bienfaits j'oblige mes maîtresses: Telles sont mes faveurs, telles sont mes caresSeï; L'inconstance est leur prix, un rebut mon aocpeil, Notre union des fers, et leur lit un cercueil. Mais je vois le bourreau de mon crime complice, L'instrument de sa perte et de mon injustice.

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