SCÈNE IIL
Les mêmes; AMINTAS, DEUX PIRATES ARABES.
RODOLPHE, à Amintas.
Hé bien , vieille terreur des hommes et des dieux, Machine d'os mouvans, spectre effroyable aux yeux, As-tu du sang d'Alphrède assouvi ton envie? Viens-tu joindre à sa mort la perte de ma vie? Frappe , frappe , s'il reste à ta débile main Assez de force encor pour me percer le sein ; Fais suivre au criminel les pas de l'innocente. Joins la mort de l'amant à celle de l'amante; Tire de ce bras sec, immobile et perclus, Encor cette action , et qu'il n'agisse plus. '
AMINTAS
Coupable d'un malheur qui n'a point de remède, Je te délivre aux noms et d'Amour et d'Alphrède. Qu'on détache leurs fers.
( On les détache.)
RODOLPHE
Rêveur, au nom d'Amour!
Vieux tronc que par mépris la Parque laisse au jour. Ou que, te croyant mort, sa main avare oublie! Quel exemple , bons dieux , égale ta felie ? Tu peux former encor d'amoureux sentimens ,