‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 3)Chapitre 259 sur 428 · ACTE III, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE III

'oi, monstre qui naquis avant les éiéinens; oi qui vis le chaos enfanter la nature , Ne celui que tu fîis vivante sépulture , ^mbre à qui rien d'humain ne reste que la voix , u relèves d^Amour, tu révères ses lois! u feins , tu feins l'ardeur qu'on croit qui te consomme, our paroître amoureux moins que pour paroitre homme , It TÂmour ne te v<Ht au pied de ses autels |ue quand tu veux passer au nombre des mortels.

AMIKTAS.

.'horreur de mon forfait te permet toute chose , it le respect d'Alphrède à ma fureur s'oppose.

RODOLPHE

(uel respect, justes dieux, après que son beau corps,

'riste objet de ta rage , accroît le rang des morts \

[u'Alphrède à ce mignon devoit être traitable!

lue j'eus en ce beau fils un rival redoutable ,

t qu'un cœur a besoin d'une forte vertu

Dur ne lui céder pas, en étant combattu!

Iphrède contre toi s'est à tort mutinée !

ieille prison d'une âme aux enfers destinée ,

'^a là-bas assouvir tes désirs impuissans ;

Jle sera sensible aux ardeurs, que tu sens ,

lUe aura moins d'orgueil sur cette rive sombre ,

U, vaine ombre qu'elle est , ne craindra plus une ombre.

AMINTAS

^ue sert de frapper l'air d'inutiles propos?

fe troublez point Alphrède , et souffrez son repos. ^

RODOLPHE

ITu l'as bien su troubler, barbare impitoyable, bourreau de la vertu, monstre aux yeux effroyable,

384 LA BELLE ALPHRÈDE,

Meurtrier qui m'as ravi ce précieux trésor, Toi qui n'as plus de vie et qui Fôtes encor , Qui , mort depuis long-temps , encor nous assassine, Qui de ce que tu fîis n'es plus que la ruine , Qui, tout sec et tout os, ne pouvant plus pourir, As passé de cent ans la saison de mourir; Tu Tas bien su troubler le repos de sa vie, Mort funeste aux vivans, toi qui me Tas ravie« Mais achève ton crime, et porte l'instrument De la mort de l'amante au sein de son amant ; Etouffe dans mon sein ma vie et ma misère; Ou le fils répondra de la rage du père; Tous les efforts, du ciel, assemblés vainement. Ne le soustrairoient pas à mon ressentiment. Il tend vers l'Angleterre , oii , pour toute aventure . II va les yeux bandés marquer sa sépulture , Où je suivrai ses pas avec le seul dessein D'y graver de son sang ton crime sur son sein , Si le coup que j'attends, et que je tp demande. Aux autels de la Mort me ravit cette offrande.

AMINTAS

Il répondra pour soi ; sors ou reste en ce lieu : Telle est la loi d'Alpbrède, et je l'observe. Adieu.

(11 sort ayec les deux Arabes.)

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