‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 3)Chapitre 380 sur 428 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

Quel accident étrange Porte si lâchement vos deux esprits au change ? Que t'a fait Célidor, et de quel traitement As-tu pu rebuter ce malheureux amant?

Que me dis-tu, Filandre?

flLAICDRÈ.

A-t-il à tes merveilles Trouvé des qualités et des grâces pareilles? A-t-il en ses dicours , ou dans quelque action , Manqué de courtoisie ou de discrétion?

Il £R RG.

Qu'est-ce que tu me dis?

Son respect et sa flârtime

Étoient-ils ou suspects ou capables de blâme?

Tes yeux n' étoient-ils pas les vainqueurs absolus

De ce cœur inconstant qu'ils ne possèdent plus ?

ICÉRIÊE.

Éclaircis là-dessus ma croyance incertaiae.

Que ton discours me cause une ennuyeuse peine!

FILANBRE.

Un jesprit moins subtil te croiroit, à te voir Quand tu feins d'ignorer ce que je veux savoir. Ton cœur ne peut fier ce discours à ta bouche : Tu n'oses témoigner que ce malheur te touche; Et, connoissant ta faute et ta légèreté, Tu veux à ton regret joindre la vanité.

ITEREE.

Parle plus clairement.

Que tu fais l'ignorante!

As-tu pour Célidor une âme indifférente? Cruelle, trouvois-tu son service ennuyeux, Et ne plut-il jamais à tes superbes yeux?

NIÉRÉE.

Que tu me fais languir ! Au nom d'Amour , Filandre , Apprends-moi là-dessus ce que j'en puis entendre. J'ignore le sujet des discours que tu fais : Crois ce que je te dis, ou ne me crois jamais.

Peux-tu , dissimulée , ignorer que Céphise De ton perfide amant captiva la franchise ?

NÉRÉE

O dieux! que me dis-tu?

Comment y tu n'en sais rien ?

Tu n'as pas de ton crime autorisé le sien ?

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