‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 3)Chapitre 40 sur 428 · HERCULE, PHILOCTÈTE, AGIS, ALCMÈNE · texte numérisé non relu

HERCULE, PHILOCTÈTE, AGIS, ALCMÈNE

HERCULE

ToHs remèdes sont vains, et ce feu véhément

G>nvertiroit en soi le liquide élément.

Avant qu'il éteignit cette ardeur violente

Qui de ce triste corps fait une ombre parlante:

Donc je ne puis franchir cette sévère loi ,

Ni donner au vainqueur la moitié de Teffroi !

Quel antre si caché, quel endroit, quel asile,

Rend en ce désespoir ma poursuite inutile?

Que déjà de son. cœur mon sein n'est le tombeau !

Quel dieu me la refuse et sauve mon bourreau?

ALCMèlTE.

Sa main a prévenu votre juste colère ,

Et de son imprudence a payé le salaire.

Hélas ! ce feu , mon fils , vous consume le sein

Contre son espérance et contre son dessein ;

Jamais telle fureur n'a son âme ocèupée;

Mais sa crédulité par Nesse fut trompée ;

Il lui fit espérer que son sang, qu'elle prit,

Lui rendroit , au besoin , vos vœux et votre esprit ;

Et ce linge , par elle , imbu de cette peste ,

Fait d'un dessein d'amour un accident funeste.

HERCULE

Mon père en soit loué, mes travaux ont leur fin; Ce que vous m'apprenez explique mon destin. Un chêne prophétique en la forêt de Cyrre , Par ces mots, à peu près, m'a prédit ce martyre;

6o HERCULE MOURANT,

€ Appui des dieux et des humains,

» Victorieux Alcide , 9 Un qui sera mort par tes mains,.

» Sera ton homicide. »

Telle est mon aventure et la loi de mon sort : Un vainqueur insolent ne survit point ma mort. Il reste de choisir une fin mémorable , Qui pour tous les neveux laisse un renom durable. Sus, pour aider le feu dont ce sein est pressé. Qu'au plus haut de ce mont un bûcher soit dressé; Que toute la forêt tombe sous vos épées. Qu'à ce pieux devoir elles soient occupées ; Que mes plus chers amis y portent le flambeau , Et qu'on me voie entrer en cet heureux tombeau! Toi, fidèle témoin des conquêtes d'Alcidé, Gloire de la valeur et du sang Paeantide , Reçois ce dernier gage , et te sers à ton tour De ces traits teints du sang qui me prive du jour ! Mais, et ressouviens-toi d'accomplir ma prière; Fais sur le sein d'Arcas leur épreuve première. Il possède le cœur d'une jeune beauté Dont trop indignement le mien fut rebuté ; Que ta main de ces traits sur ma tombe l'immole. Et qu'il y rende l'âme aux yeux même d'Iole.

FIN DU. QUATRIÈME ACTE

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