‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 3)Chapitre 41 sur 428 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

(on voit le tombeau d'hercule.)

LUSCINDE, PHILOCTETE.

LUSCINDE

loi, qui sais de quel œil il vit borner ses jours ^ I, Fais-moi de ce trépas le tragique discours. Qudle fut sa vertu ?

PHILOCTETE.

La mort lui parut telle Que la vie à nos yeux ne fut jamais si belle.

LUSCIirOE.

Dieux! et quel lui parut ce brasier dévorant?

PUILOCTÈTE.

Ce que te paroîtroit un parterre odorant. U fit sa mort célèbre; il en bénit les causes. Et fut dans les charbons comme parmi des roses.

LUSGINDE.%

D'un front toujours égal?

PHILOCTETE.

Et d'un œil plus riant Que celui du soleil n'est dessus l'orient;

6i HERCULE MOURANT,

Il acquit sur le feu sa dernière victoire , Et vit finir sa vie en achevant sa gloire.

LUSCINDE

Qui vit avec honneur , doit mourir constamment; Mais fais-m'en le récit eh deux mots seulement. .

PHIXiOCTÈTE.

Quand il eut résolu cette mort inhumaine ,

Il fit nos propres mains complices de sa peine. «

En la forêt d'Oetha, chacun le fer en main,

Sur ses arbres sacrés accomplit son dessein ;

Lui-même le premier travaille à sa ruine :

Il coupe, arrache, rompt jusques à la racine.

La forêt retentit à ce trouble nouveau :

L'un frappe sur le chêne et l'autre sur Tormeau.

La terre s'ébranla , les Dryades gémirent ,

Et de crainte et d'horreur tous les Faunes frémirent;*

Les arbres, dépouillés de leurs feuillages verts.

Se virent bien plus nus qu'au milieu des hivers ;

Les cerfs sont étonnés d*y perdre leurs ombragea ,

Et d'un pas incertain cherchent d'autres feuillages;

Le plus petit oiseau ne peut oii s'y percher.

Et toute la forêt ne devient qu'un bûcher.

il nous presse, et lui-même en de diverses formes

Range les troncs coupés des chênes et des ormes;

Il dresse avec plaisir ce qui doit l'embraser ,

Et veut que sa massue aide à le composer;

Il y jette la peau du monstre de Némée :

« Elle y sera , dit-il , avec moi consumée. »

Lors, on s'efforce en vain de cacher ses douleurs.

Tous se trouvent saisis, et chacun fond en pleurs 5

Mais sa mère surtout relâche son courage,

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