‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 3)Chapitre 43 sur 428 · ACTE V, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE II

Ceci fut la terrenr de la terre et de Tonde, Et je porte celui qui soutint tout le monde.

AGIS

Nos larmes de sa mort sont d^indignes effets ; Honorons ses vertus et publions ses faits; Faisons d'un beau trépas une belle mémoire, Et que nos lâchetés n'altèrent point sa gloire.

ALCMÈNE

Je ne me plaindrois pas! ô barbare conseil! Je pourrois voir sans pleurs ce malheur sans pareil ! Que tarde mon trépas? que fera plus Alcmène, Que plaindre et que nourrir une étemelle peine? Quelle vertu réside en ce débile sang?

Quel Hercule nouveau porterai-je en ce flanc ? Quels titres glorieux flatteront ma pensée ? Et de quel Jupiter serai-je caressée?

Monarque des Thébains, aimable et cher époiix, Qu'heureux fut ton trépas, et que ton sort fut doux' Que la perte du jour étoit peu regrettable Au père qui laissoit un fils si redoutable! Et combien les enfers qu'il avoit déconfits , Ont respecté le père à cause de son fils! Quel sera mon asile? en quel lieu de la terre Des rois qu'il a domptés puis-je éviter la guerre? Toi qui trouvas Alcmène agréable à tes yeux, Monarque souverain de la terre et des cieux. Comme a fait ma beauté , que ma douleur te touche ; Récompense aujourd'hui les faveurs de ma couche; Fais-moi suivre ses pas, réunis nos esprits, £tque de mes baisers ton foudre soit le prix. Tome IL ^

PHILOCTIÊTE.

Pour rompre des tyrans les mortelles pratiques, Vous n'aurez seulement qu'à montrer ses reliques ; Elles rendront les cœurs et les bras engourdis, Et mettront la frayeur au sein des plus hardis.

▲LCMÈNif: , h Philoctete.

Toi dont il reconnut l'ardeur et le courage , A qui seul de ses traits il a laissé l'usage , Que tarde leur épreuve? et pourquoi n'as-tu pas Dessus sa tombe encor versé le sang d'Arcas? A ses mânes sacrés offre ce sacrifice : Ta foi balance-t-Tclle en ce dernier office?

PHiLOCTÈTB, tenant les traits»

Je dois aveuglémaît répondre à son espoir; Mais combien mon esprit répugne à ce devoir I

ALCMÈNE

Quoi, pour le fils d'un dieu tu plains une victime?

PHILOCTÈTB.

Arcas n'importe peu : mais j'ignore son crime.

ALGMilTE.

Par les armes mon fils fut maître de son sort, Et la loi des vaincus le rend digne de mort*

Mais ils sont innocens en une juste guerre ; Et que faisoit Arcas que défendre sa terre?

ALGMÈIVE.

Il soutint Euritée et sa déloyauté.

PHlLOCT]kT£«

lole étoit promise à sa fidélité.

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