ACTE V, SCENE II
ALCHÊNE.
Le père fut coupable, et de cette princesse Alcide avoit reçu la première promesse.
PHILOCTÈTE
Alais en sa perfidie Arcas n'eut point de part.
ALCMÈKE.
O que fait ma fureur de paroître si tard ! Où sera craint Aicide, où brillera sa gloire , Si déjà ses amis trahissent sa mémoire? Lâche , rends ce présent.
PHiLOCTÈTE, se défendant.
' Madame,
ALCMÈITE.
Non, ces traits Pour ta profane main sont un trop digne faix; Et je yeux de ma main immoler le coupable , Puisque tu ne tiens pas son arrêt équitable.
Il doit être accompli puisqu'Alcide Ta fait ,
Et je n'ai pas dessein d'en différer l'effet.
De quoi ne voudroit pas contenter son envie
Celui qui pour lui plaire immoleroit sa vie ?
le répandrois mon sang au pied de son tombeau,
Et ne voudrois un sort plus heureux ni plus beau ;
Son dessin a rendu ce devoir légitime.
Qu'un de vos gens, madame, amène la victiine.
ALCMÈNE, a Agis* Allez quérir Arcas , et qu'Iole avec lui
(Agis sort.)
Vienne en ce lieu fatal partager notre ennui.
Bévérez ce héros ; fuyez , ombrer profone» 9
Du glorieux rivage où reposent ses mânes; Changez, sombres forets, vos Cyprès en lauriers Qui seuls fassent ombrage à ce roi des guerriers! . Et vous, fatales sœurs, reines des destinées, Vous dont les noires mains ourdissent nos années. Cessez à mon fuseau vos travaux superflus: Que fait Alcmène ici quand Alcide n'est plus? Si le fils relevoit d'un pouvoir si sévère. Quel aveugle destin en exempte la mère? Tranchez les tristes jours de ce débile corps, Que vous verrez tomber sous vos moindres efforts ; Que son oncle une fois soit touché de ma peine ; Qu'il nous renvoie Alcide ou qu'il reçoive Alcmène; Qu'il le chasse, ou m'attire en ce manoir hideux; Qu'il relâche un esprit ou qu'il en prenne deux.
LUSCIWDE.
Madame, tout est sourd en ce fatal empire. Et la mort fuit plus loin alors qu'on la désire; Elle épargne ses coups , tout avare qu'elle est : Mais on amène Arcas.
PHILOCTÈTE
O rigoureux arrêt!