‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 3)Chapitre 45 sur 428 · ACTE V, SCÈNE 111. 6c · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE 111. 6c

Quel dieu , cpielle Thémis présidoit à sa dmrt? Bonc son afTection ne m'est pas légitime! Je nuis à qui je plais, et m'aimer est un crime! Donc pour ce qu*il m'est cher je creuse son tombeau. Et d'amante d'Arcas on me fait ^n bourreau !

PHILOCTèVE.

Madame , avec regret je suis son homicide ;

Mais tous respects sont vains contre la loi d'Alcide.

ALCMÈNE

Laissez selon ses vœux agir sa passion , Et ne différez point cette juste action.

lOLE.

Ô dure cruauté! quel droit, quelle police, Fait d'un meurtre exécrable un acte de justice? Quoi, pour mon innocence un prince périra! Et pour ma pureté de son sang rougira! Tranchez plutôt le cours de mes tristes années; Que ma vie et ma plainte en ce lieu soitnt bornées. Dressez contre mon sein ces redoutables traits ; Cest moi qu^Alcide veut, et c'est moi qui lui plais; Que votre affection à son dessein réponde , £t qu'il ait aux enfers ce qu'il n'eut pas au monde ; Accordez-lui l'objet de ses vœux criminels, Faisant tomber lole aux antres étemels,

ARCAS

Soufifirez, chaste beauté, leur barbare licence;

laissez à l'injustice opprimer l'innocence;

Uciel qui venge enfin l'innocent malheureux,

^ ont des traits pour nous, a des foudres pour eux.

Ifc leurs cœurs inhumains toute crainte est bannie ,

Ht votre résistance aigrit leur tyrannie.

ALCMÈTTE.

La plainte qu'on permet à des désespérés Ne te sauvera pas de ces traits acérés; Sus, que différez-vous? que tarde son supplice? Que votre affection est lente en cet office!

PHiLOCTÈTE, à genoux et prêt à tirer.

Fils du plus grand des dieux , si du royaume noir Tes mânes sont témoins de ce pieux devoir....

lOLE, se jetant sur luL

O sacrifice impie! ô piété barbare!

Traître, j'attends le coup que ta main lui prépare.

En ce sein innocent pousse ton trait vainqueur.

Tu frapperas Arcas, puisqu'il est dans mon cœur;

Sommes-nous abordés en un séjour sauvage,

Où l'on vive de sang, de crime et de carnage?

Pourquoi, cruels, pourquoi jusqu'au palais noirci,

Hercule cherqj^oit-il ce qu'il avoit ici? .

Quel monstre plus sanglant , quel plus cruel Cerbèn

Que ses propres parens avoit-il à défaire?

Que voit-on en ces lieux que des objets d'horreur,

Et qu'y respire-t-on que meurtre et que fureur?

ARCAS

Apaise, mon souci, tes inutiles plaintes.

lOLS:.

Elles auroient effet sut- des âmes plus saintes.

ARCAS

La vertu ne peut rien où le vice est puissant. ,

lOLE. '

Qu'ils perdent la coupable et sauvent l'innocent.

Page 1