ACTE I, SCENE I
Que »'estHl vrai, Filandre!
ORAHTIL
Haussez un peu la voix.
VLOmAVTS.
Je dis qu'il fait beau voir Fëpaisseur de ce bois , Et ces oiseaux divers dont la douce musique Réjouiroit l'esprit le plus mélancolique.
ORAITTE.
0 dieux! qu'elle est rusée ! Il est vrai que leurs chants
Rendent Paris jaloux de la douceur des champs.
Aussi mille amoureux en cette solitude
A^ennent perdre burs soins et leur inquiétude.
Ces lieux ont chaque jour de nouveaux habitans :
Ils y viennent fichés et s'y trouvent contens.
Les cœurs sont enchantés de l'air qu'on y respire ;
(Siacnn y fiiit l'amour , peti de monde y soupire.
Ce dieu de tous ses traits y choisit les meilleurs ;
Il est roi parmi nous , il eil tyran ailleurt.
Mais entre les amans qui viennent sur ces rives
Aux doux chants des oiseaux joindre leurs voix plaintives ,
Filandre , un cavalier de qui^ les qualités
Ont du ciel et du sort les efforts limités. . . .
^ YLOEANTE.
Comment le nommez- vous?
OKAVTX.
> Filandre.
FLORAVTX, àas.
O le perfide !
ORANl-E.
Toujours triste et pensif, et toujours l'œil humide, Rend tous les cœurs atteints d'amour et de pitié , Si le ciel les a faits capables d'amitié. La plus forte froideur cède à son éloquence, Et contre ses écrits une âme est sans défense. J'en lirai quelques-uns; écoutez. ,
FLORA^NTE.
O malheur!
ORANTE, a part.
Son visage à ces mots a changé de couleur. .
TJuOViKTXT:i^^àparL On m'a pris mes papiers.
ORAKTE lit.
(c Adorable maîtresse, » Il est vrai »
FLORAKTE.
C'est à vous que cet écrit s'adré(&se?
ORANTE
!Non, vous l'allez apprendre.
(Elle lit.)
Lettre de Filandre à Florante.
a Adorable maîtresse,
» Il est vrai que la cour D Offre aux yeux mille objets d'amour;
» Mais l'extrême tristesse » Que j'ai de ton éloignement » Ferme les miens ou les dément.
» Rien ne touche mon âme » Aux lieux où tu n'es pas ;