‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 3)Chapitre 52 sur 428 · ACTE I, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE I

Que »'estHl vrai, Filandre!

ORAHTIL

Haussez un peu la voix.

VLOmAVTS.

Je dis qu'il fait beau voir Fëpaisseur de ce bois , Et ces oiseaux divers dont la douce musique Réjouiroit l'esprit le plus mélancolique.

ORAITTE.

0 dieux! qu'elle est rusée ! Il est vrai que leurs chants

Rendent Paris jaloux de la douceur des champs.

Aussi mille amoureux en cette solitude

A^ennent perdre burs soins et leur inquiétude.

Ces lieux ont chaque jour de nouveaux habitans :

Ils y viennent fichés et s'y trouvent contens.

Les cœurs sont enchantés de l'air qu'on y respire ;

(Siacnn y fiiit l'amour , peti de monde y soupire.

Ce dieu de tous ses traits y choisit les meilleurs ;

Il est roi parmi nous , il eil tyran ailleurt.

Mais entre les amans qui viennent sur ces rives

Aux doux chants des oiseaux joindre leurs voix plaintives ,

Filandre , un cavalier de qui^ les qualités

Ont du ciel et du sort les efforts limités. . . .

^ YLOEANTE.

Comment le nommez- vous?

OKAVTX.

> Filandre.

FLORAVTX, àas.

O le perfide !

ORANl-E.

Toujours triste et pensif, et toujours l'œil humide, Rend tous les cœurs atteints d'amour et de pitié , Si le ciel les a faits capables d'amitié. La plus forte froideur cède à son éloquence, Et contre ses écrits une âme est sans défense. J'en lirai quelques-uns; écoutez. ,

FLORA^NTE.

O malheur!

ORANTE, a part.

Son visage à ces mots a changé de couleur. .

TJuOViKTXT:i^^àparL On m'a pris mes papiers.

ORAKTE lit.

(c Adorable maîtresse, » Il est vrai »

FLORAKTE.

C'est à vous que cet écrit s'adré(&se?

ORANTE

!Non, vous l'allez apprendre.

(Elle lit.)

Lettre de Filandre à Florante.

a Adorable maîtresse,

» Il est vrai que la cour D Offre aux yeux mille objets d'amour;

» Mais l'extrême tristesse » Que j'ai de ton éloignement » Ferme les miens ou les dément.

» Rien ne touche mon âme » Aux lieux où tu n'es pas ;

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