ACTE I, SCÈNE II
Vous \o\ilez que j'espère ^ et cette âme inhumaine Me défend seulement de parler de ma peine : L'insensible , causant ce qui me fait mourir , A peur de le savoir, de peur de le guérir.
ORAITTE.
* Une fille , Filandre , est d'humeur plus discrète Que de pouvoir sitôt avouer sa défaite ; Elle cache son feu, mais le sent en effet, EtJI^ confesse tard à celui qui l'a fait : B en a rarement la première ouverture.
La beauté que tu sers est de cette nature : Elle te parle peu , même fuît ton abord , Gomme d'un doux meurtrier qui lui donne la mort; Mais crois que ses dédains, sa fuite et son silence, De son affection prennent la violence.
Elle s'est déclarée ; et ne me crois jamais , Si ton cœur n'est l'objet de ses plus doux souhaits. Me'remerciras-tu si , de sa propre bouche, Tu sais dans un moment que ton amour la touche ?
le vous adorerois.
ORAiTTE, lui montrant Florante.
Adore ses appas , La voilà h... Que fais-tu? tu ne l'abordes pas? Quelle humeur a sitôt ton âme refroidie?
90 LA CÉLIMENE,