I.TSIS déploie un autre* papier ^ et Ut
A Caliste.
c De quelques omemens que TAurore se pare, » Quoi que Toiil du jour ait de rare, V Quelque beauté qui puisse asservir les esprits , 1 De quoi que la nature au printemps soit pourvue , 1 Caliste, tout n'est rien à ceux qui vous ont vue^
» Qu'un objet de mépris*
> N'allez point à la cour pour voir de belles choses ,
» Et n'estimez ni lis ni roses:
1 Rien ne peut égaler votre moindre ornement. 1 II n'est point de beautés à la vôtre pareille : »Si vous désirez voir d'admirables merveilles,
» Mirez-vous seulement.
»Lors vous verrez en vous la seule créature 2> Qui nous fait priser la nature y
io4 LA CÉLIMÉNE,
» L'objet seul que jamais elle ait fait sans défauts : » Par vous elle n'est plus à soi-même imitable; » Et si vous ne trouvez que je sois véritable ,
jo Votre miroir est faux.
» Que les plus grands esprits me porteroient d'envie,
» Que j'aurois une longue vie, » Que je serois chéri , que mes vers seroient doux^ » Que je loûrois le sort qu'incessamment j'accuse, y> Et qu'on m'estimeroit si l'on trouvoit ma muse
» Aussi belle que vous!
» Il n'est point de bonheur comparable à mon aise
» S'il arrive qu'elle vous plaise; , )> Mille charmes nouveaux paroitront dans mes vers; » Ils n'auront plus ni mot ni lettre qui ne touche, » Quand ils seront privés par la plus belle bouche
» Qui soit en l'univers. »
( Il vient à Alidor. )
As-tu bien réussi?
ALIDOR
Jamais pauvre rimeur
N'eut tant d'ambition et moins de bonne humeur.
J'ai fait ce peu de vers depuis que je travaille :
Écoute si j'ai rien imaginé qui vaille.
(Il lit.) <c Enfin qu'ordonnez-vous , inhumaine beauté ?
» Quand ne verfai-je plus en votre cruauté
» Des sujets de me plaindre et d'épandre des larmes?
» Quand serai-Je plus cher à votre œil mon vainqueur ?
» Quand sera votre cœur » Aussi doux que vos charmes ?
» Ne fînirez-vous point le cours de ma misère?
» Dois-je chercher la mort?»