‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 3)Chapitre 67 sur 428 · ACTE II, SCÈNE II. io · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE II. io

Mon amour me fournit mille pensers divers , Et je n'en puis trouver pour achever ce vers.

LTSIS.

Cet œuvre est au-dessus de ton style ordinaire. Je t'attends au logis , je crains de te ^distraire : Achève , cher ami ; je te nuis en ce» lieux. Surtout exprime bien la douceur de ses yeux.

( Il sort. )

ALiDOR seul y assis et appuyé contre un arbre.

Quitte, quitte, Alidor, ce pénible exercice : Dates pleurs seulement écris son injustice; Seuls ils peuvent prouver tes transports innocens, Seuls ils peuvent parler des ennuis que tu sens ; Et c'est bien vainement qu'un malheureux présume De fendre un cœur si dur avec des traits de plume. Jetez, arbres, voyant comme je brûle ici, Les pleurs que vous JBtez quand vous brûlez aussi. Si d'Amour autrefois vous sentîtes la force, Si vous avez été sans mousse et sans écorce. Tremblez , soyez atteints au récit de mes maux. Est-il quelque martyre égal à mes travaux ? Mais que mon œil est las de souffrir la lumière ! Quel assoupissement me ferme la paupière ? Dieux! appelez mon âme en cet heureux sommeil , Accordez à mes yeux un dormir sans réveil.

- ( Il s^endort. )

io6 LA CÉLIMÈNE,

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