‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 4)Chapitre 114 sur 437 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

HERMANTE seule, au haut et une tour, lesjèrs

aux mains et aux pieds.

Ténébreux habitans du royaume des Parques ,

Démons dont le pouvoir a tant d'illustres marques ,

Qui disposez des vents, qui noircissez les airs,

Qui produi^z la foudre et formez les éclairs,

Quel timide respect suspend votre puissance ,

Et vous rend engourdis et sourds pour ma défense ?

Que Tenfer pour le moins s'ouvre aux vœux que je fais ;

Qu'il engloutisse tout , roi , sorcière et palais :

Pour réparer un crime au ciel épouvantable ,

Confondez l'innocent avecque le coupable ;

Faites pour mes forfaits souffrir tous les mortels:

Renversez les cités, les trônes, les autels;

Par la punition faites juger du crime;

Que mon pays périsse , et que l'Épire abîme.

Tout se tait , tout est sourd à mes tristes accens ,

Et mes propres efforts sur moi sont impuissans;

Je ne puis ni mourir, ni forcer ces murailles;

Je ne puis de ces mains arracher mes entrailles;

Étreintes sous les fers je ne les puis mouvoir ,

Et n'ai la liberté que de plaindre et de voir.

Donc que déjà ce corps n'est le butin des flammes!

Garder les criminels ^ c'est en punir les âmes.

C'est trop , c'est trop , cruels ^ se venger d'un forfait ;

Et l'attente des maux punit plus que l'effet.

Dieux ^ enfers, élémens, faites ma sépulture

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