ACTE II, SCENE VIL ao
cj^omnf DE ^ a part.
C'est rendre clairement sa passion visible : Qui me promet le plus se rend le plus nuisible. La perfide me tue en m'offrant du secours : Elle aime Céliandre. O malheur de mes jours!
LISANTE.
La beauté de son port, jointe à sa bonne mine, Son esprit si parfait, son humeur si divine. Et ses rares vertus, sont des charmes puissans, Et capables de plaire aux plus sévères sens.
Choniv DE j à part.
Son âme en est charmée, et ce fâcheux langage Est un visible effet du pouvoir qui Tengage. Implorant du secours, que je me fais de tort! Pai recours au meurtrier qui me donne la mort.
LISANTE, à part.
Ces pensers si profonds prouvent sa jalousie; Laissons-la quelque temps en cette frénésie: En ce doux passe-temps ma peine aura son prix.
(Haut. }
Surtout son entretien charme tous les esprits. Aux accens de sa voix, qui n'a point de pareilles, II faut perdre son cœur ou n'avoir point d'oreilles : Chez les plus mécontens sa voix charme les jours.
GLORINDE.
En un mot , vous l'aimez.
LISANTE.
J'attendois ce discours.
Bons dieux ! qu'il est aisé de tromper une amantç ! Que j'éprouve aisément ton humeur défiante !
ao6 CLORINDE,
Msiis par-là ton amour témoigne son excès.
Je servirai de cœur tes sensibles accès ,
Et je réparerai par un soin légitime
Le mal que je te fais alors que je l'estime.
J'ai vu ce jeune amant , et crois que si tu veux
Il sera bien aisé de racquérir ses vœux.
Viens chez nous dans une heure ; il est de la partie ;
Tu sauras t'y conduire en étant avertie.
Adieu, car on m'attend.
Dieux ! que j'estime en toi Qu'aucun n'ait le pouvoir de captiver ta foi ! Adieu ; conserve-toi ce bien incomparable , Et tu seras au monde un objet adorable.
LISANTE.
Et moi j'estime fort cette admiration Qu'on appelle flatter par appréhension.
, FIN iDU DEUXIÈME ACTE.