‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 4)Chapitre 140 sur 437 · ACTE III, SCÈNE I. aog · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE I. aog

Et cent princes pour elle ont souffert le trépas Que la postérité ne considère pas.

CLARIMOirO.

Ce sexe a des beautés seules à soi pareilles ;

C'est l'abrégé mortel des célestes merveilles.

De nos corps seulement les hommes sont vainqueurs,

Et ce sexe préside en Tempire des cœurs ;

S'ils régnent par le fer, il règne par les flammes ,

Et tout se prend enfin à ce charmeur des âmes :

Nous n^avons rien d'égal à son moindre ornement.

Est-ce assez adhérer à votre sentiment?

CELIAirORE.

Crois-tu les obliger de louanges frivoles? Tu crois la vérité si tu crois ces paroles ; Et ton affection , leur dressant des autels, Ne rendroit que justice à ces anges mortels. Mais entre ces beautés, sache que mon amante, Comme elle est la plus rare, est la plus arrogante: On ne peut toutefois aimer sa liberté Depuis qu'on a servi sa divine beauté ; Aimé de Dorimène et chéri de Lisante, h considère peu leur passion naissante:

Ce cœur , préoccupé de ses charmans appas , Est insensible aux traits qu'elle ne tire pas. Toi qu'Hélène jadis n'auroit touché qu'à peine, Insensible'à l'amour aussi-bien qu'à la haine , De ce pas , cher ami , vois cet objet charmant ; Accorde cette peine à mon contentement.

Conduis-la chez Lisante , en cette même rue Où, comme sans dessein, j'attendrai sa venue; Où, sans me dispenser au plaisir de la voix. Mes yeux l'adoreront pour la dernière fois.

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aïo CLORINDE.

GLARIHOND.

Adieu. Mais cependant réclamez la constance • Qui fait contre vos maux si peu de résistance ; Et , si vous me croyez , dispensez vos esprits Des aveugles respects qu elle vous a prescrits.

( Il sort.) ClÉLIAirPRE sei^l.

Mes sens sont égarés en l'espoir dç sa vue( Mpn cœur en est ravi, mon âme en est émue, Et, tant je suis adroit moi-méma à me trahir, Je la tiens incapable encor de me haïr; Elle m'est agréable et légère et fidèle, Cette reine des cœurs rend rinjustice belle, Et je redoute peu les tourmens étemels Si l'enfer est peuplé de si beaux crimin^U ; La voyant toutefois, je dois en cette feinte Observer à sa vue une austère contrainte, . Et si discrètement ménager mes regards , Que mon dessein paroisse égal de toutes parts ; Que je semble devoir à la seule rencontre Ce bonheur infini , si mon soleil se montre.

Mais Lisante me voit Qu'à propos elle vient

Forcer d'un compliment la peur qui me retient ! . Le respect que m'enjoint cette belle homicide Semble avoir en ce lieu cloué ce pied timide. . Je commets, ce me semble, un crime en l'avançant^ Et je reçois ma peine en désobéissant.

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