Tome III. i
226 CLQRINDE,
GJSLIAKDRE.
Plus que le ciel la terre en la saison des fleurs* Malgré tous mes efforts, cette belle inhumaine Fait croître mon désir faisant croître ma peine.
LISANTE.
Je ne condamne plus ses visibles dédains; Puisque tu n'aimes bien qu'alors que tu te plains, Ces sensibles rigueurs te rendant si fidèle , Je lui vais conseiller d'être encor plus cruelle , Et de joindre l'injure et l'outrage au mépris, Puisque c'est le moyen d'enflammer tes esprits,
CÉLIANDRE.
Disposez son courage à la fin de ma vie, Et vous satisferez sa haine et mon envie : Elle s'affranchira d'un importun amant Qui lui pourrait encor ravir quelque moment; Car d'éteindre jamais cette ardeur insensée. Et de pouvoir ailleurs engager ma pensée, C'est un effet du sort que je n'espère pas Tant que l'astre du jour éclairera mes pas.
LISANTE en riant.
Ta rigueur peuplera le royaume des ombres ,
Et l'on m'attend déjà dans ces campagnes sombres;
Près d'être séparés du soleil qui les fuit ,
Mes yeux se vont couvrir d'un éternelle nuit :
Au moins* voyant l'effet du deuil qui nous transporte ,
Tu diras tu pleurant : C'est pour moi qu'elle est morte ;
Et ton cœur poussera dessus le monument
Oïl mon corps sera mis un soupir seulement.