‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 4)Chapitre 157 sur 437 · ACTE IV, SCÈNE III. a · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE III. a

Le jour dans la nuit nous arrive; Et par les mêmes vents qui nous ont menacés, Nous nous rencontrons sur la rive.

Des travaux de si longue suite Sont achevés sous la conduite D'un pilote qui n'a point dyeux:

Nous voyons enfin du rivage La nef où tant d'humains^ et quelquefois des dieux. N'ont pu se sauver du naufrage.

Mère de l'ombre, étends tes voiles

Sur ces lambris semés d'étoiles ; Pour avancer mon bien précipite ton cours.

Sers la flamme qui me consume; Et, pour laisser venir le plus beau de mes jours.

Cours plus vite que de coutume.

Mais lorsqu'un heureux hyménée Aura soumis ma destinée A ce charmeur de mes désirs, A l'instant bannis la lumière; Et, pour faire durer nos innocens plaisirs, Fais long-temps durer ta carrière.

CÉhlTdAWT.

Donc ma sœur est contente , et pour moi seulement

La volupté ne peut succéder au tourment :

Au moins, ingrate sœur, si par quelque prière,

Tu voulois implorer la fin de ma misère!

Mais tu crois que je ris alors que je me plains ,

Et tu n'as pas d'un mot combattu ses dédains.

a36 CLORINDE,

GLORÎNDE.

Tu m'aurois dérobé des heures nécessaires , Et je donnois mes soins à mes propres affaires: Mais puisque mon repos suit enfin mes douleurs y Je vais des mêmes soins combattre tes malheurs; Et , pour punition de m' avoir mis en peine , Condamner ta maîtresse à t'étre plus humaine.

Ainsi le ciel conspire à ton contentement!

USANTE, CÉLIMANT, CLORINDE.

LISANTE,

Ten ai changé l'adresse et fort subtilement.

GLORINJDE.

Voyons : « A Doriniène. »

CÉLIMANT.

^ Elle est bien.

CLORiNDE, à Céllmant.

Des merveilles!

Et cette comédie aura peu de pareilles. Porte-la de ce pas et m'en fais le rapport : Mais , Lisante , un baiser le payera du port.

CÉLIMANT.

O favorable arrêt !

CLORlNDE.

Tu ne peux t'en défendre.

Quoi! tu trembles, poltron, et tu n'oses le; prendre?

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